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Le Vatican évoque le sérieux "burn out" des religieuses

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Cité du Vatican (AFP)

Le syndrome d'épuisement et de stress au travail des religieuses catholiques - ou "burn out" - est désormais pris très au sérieux, d'autant que les abandons de vocation sont nombreux et ont conduit le pape à ouvrir un centre d'accueil à Rome pour des ex-soeurs, revèle un supplément de l'Osservatore Romano, journal officiel du Vatican.

Très soumises à leur hiérarchie, travaillant sans règles claires ou contrats de travail, parfois aussi victimes d'abus de pouvoir ou d'agressions sexuelles, le difficile quotidien des religieuses est à la Une de "Donne Chiesa Mondo", un supplément mensuel consacré aux femmes dans l'Eglise à paraître dimanche.

Le magazine y dévoile une initiative inédite de l'Union internationale des supérieures générales (UISG) qui a décidé d'instituer pour une période de trois ans une commission pour traiter ce phénomène du "burn out".

Le cardinal brésilien João Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, constate de "nombreux abandons" de vocation en Europe (contrairement à l'Asie et l'Afrique) et des couvents qui se vident.

Face au drame d'ex-religieuses, souvent étrangères, qui se retrouvent à la rue sans aucun accompagnement de l'Eglise, le pape a décidé d'ouvrir une maison d'accueil à Rome, indique le cardinal.

"Le geste du pape est merveilleux. Je suis allé rendre visite à ces ex-soeurs. J'ai rencontré un monde de blessures, mais aussi d'espoir. Il y a des cas très durs, pour lesquels les supérieurs ont retenu les papiers des soeurs qui désiraient quitter le couvent", déplore-t-il, tout en évoquant aussi "quelques cas de prostitution de survie". "Tout ceci doit absolument changer", dit le cardinal.

Pour soeur Maryanne Lounghry, religieuse australienne, psychologue et universitaire, il faut s'attaquer à "la culture de l'organisation" des congrégations religieuses.

La religieuse qui se penche sur le phénomène du "burn out" juge que l'un des noeuds du problème reste une différence fondamentale entre les obligations des religieuses et des religieux (ces derniers jouissant de davantage de droits). Elle prône notamment la négociation de temps de repos et de congés.

"Ne pas avoir le contrôle de sa propre vie, ne pas pouvoir programmer, mine la santé mentale. Travailler dans l’ambiguïté, sans des règles sûres, peut me faire sentir harcelée, abusée, agressée", résume-t-elle, en évoquant des paroisses où règne un pouvoir absolu du prêtre sur des soeurs contraintes à travailler contre leur gré.

Ce même magazine avait fait sensation voici deux ans en abordant sans tabou l'exploitation parfois gratuite des religieuses dévolues à des tâches ménagères au service de la hiérarchie masculine de l'Eglise, notamment des cardinaux.

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