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Procès en destitution : Donald Trump s'est pris "pour un roi", arguent les démocrates

Le Capitole, siège du Congrès américain, à Washington, le 23 janvier 2020.
Le Capitole, siège du Congrès américain, à Washington, le 23 janvier 2020. © Erin Scott, Reuters

Les démocrates ont tenté jeudi, au troisième jour du procès du président américain, de convaincre les sénateurs que ce dernier a bien abusé de son pouvoir en faisant pression sur l'Ukraine pour son profit personnel.

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Au lendemain d'une séance consacrée à exposer les faits, les procureurs démocrates se sont évertués, jeudi 23 janvier lors du procès historique de Donald Trump, à démonter les arguments avancés dans les médias par les défenseurs du président.

L'élu de la Chambre des représentants Jerry Nadler a accusé le locataire de la Maison Blanche d'avoir eu une conduite "mauvaise, illégale et dangereuse". Le président a commis un "abus de pouvoir" en demandant à l'Ukraine d'annoncer une enquête sur Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle du 3 novembre, afin de "le mettre à genoux", a plaidé Jerry Nadler.

Pour parvenir à ses fins, le milliardaire "est allé plus loin" en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie, a poursuivi l'élu de New York. Pour lui, "la destitution est la réponse ultime de la Constitution à un président qui se prend pour un roi".

Pas de crime au sens pénal

Les faits sont peu contestés. Les défenseurs de Donald Trump, à commencer par la star des prétoires Alan Dershowitz, arguent en revanche que le dossier d'accusation ne comprend pas de crime au sens pénal du terme et que la procédure de destitution n'est pas pertinente.

Mais, comme l'a rappelé Jerry Nadler, ils n'ont pas toujours soutenu cette position. L'élu démocrate a ainsi diffusé un extrait d'une interview accordée par Alan Dershowitz en 1998, quand Bill Clinton était empêtré dans le scandale de sa liaison avec Monica Lewinsky. "Il n'y a certainement pas besoin d'un crime si vous avez quelqu'un qui a corrompu sa fonction de président", avait alors déclaré le professeur de droit.

"Quand vous commencez à user de votre pouvoir et faites du mal à des gens, alors vous commettez un crime grave" au sens de la Constitution, estimait à la même époque l'élu républicain Lindsey Graham, devenu l'un des plus fidèles soutiens de Donald Trump.

Répétitions

Les partisans du président assurent par ailleurs qu'il était dans son rôle en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption. "Vous croyez vraiment qu'il s'agissait de lutte contre la corruption ?", a rétorqué le procureur en chef Adam Schiff, en assurant que le président voulait seulement "une annonce" sur l'ouverture d'une enquête.

Pendant leur présentation, qui de l'aveu même d'Adam Schiff comprend "des répétitions", les sénateurs ont été vus en train de s'étirer ou de s'absenter brièvement dans l'antichambre de l'hémicycle. Le procès est pourtant encadré par des règles strictes : les élus doivent être présents aux audiences, abandonner leurs téléphones portables et rester silencieux "sous peine d'emprisonnement", comme leur rappelle chaque jour le "sergent d'armes" du Sénat.

Dans une série de tweets vengeurs, Donald Trump a accusé les "démocrates et Schiff le fourbe" de se livrer à une présentation "pleine de mensonges et de déformations de la réalité".

Au total, l'accusation dispose de 24 heures sur trois jours pour défendre son dossier. A partir de samedi, ce sera le tour de la défense, pour la même durée.
Puis les deux camps auront 16 heures pour répondre aux questions posées par les sénateurs, par écrit. Ils devront ensuite décider, à la majorité simple, s'ils veulent prolonger l'exercice, en convoquant de nouveaux témoins comme le réclame l'accusation. Sinon, ils passeront au vote sur la culpabilité du président. Il faudrait une majorité des deux tiers (67 voix) pour le destituer, un seuil a priori inatteignable étant donné la majorité républicaine dans la Chambre haute.

Avec AFP

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