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Guerre d'Algérie : Emmanuel Macron au cœur d'une nouvelle polémique mémorielle

Le président français Emmanuel Macron lors des commémorations à Jérusalem du 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz, le 23 janvier 2020.
Le président français Emmanuel Macron lors des commémorations à Jérusalem du 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz, le 23 janvier 2020. © Ronen Zvulun, Reuters

Dans l'avion qui le ramenait d'un déplacement en Israël, le président français, Emmanuel Macron a abordé avec plusieurs journalistes les défis de sa politique mémorielle. Des personnalités de droite et d'extrême droite lui reprochent un parallèle établi entre la guerre d'Algérie et la déportation des Juifs de France.

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La mémoire des drames de l'histoire est un sujet prompt à susciter des polémiques. En évoquant "les défis mémoriels" de son mandat, Emmanuel Macron a suscité une controverse. Droite et extrême-droite lui reprochent, samedi 25 janvier, un parallèle "indécent" entre la guerre d'Algérie et la reconnaissance par Jacques Chirac en 1995 de la responsabilité de la France dans la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

Mettre à terme au "conflit mémoriel"

Dans l'avion qui le ramenait jeudi 23 janvier d'Israël, où il participait à la commémoration du 75e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, Emmanuel Macron a estimé que la France "avait peut-être un travail à faire" sur la mémoire de la guerre d'Algérie (1954-1962) afin de mettre un terme au "conflit mémoriel".

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"Je suis très lucide sur les défis que j'ai devant moi d'un point de vue mémoriel, et qui sont politiques. La guerre d'Algérie est sans doute le plus dramatique. Je le sais depuis ma campagne. Il est là, et je pense qu'il a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995", a-t-il ajouté, devant trois journalistes du Monde, du Figaro et de Radio J.

Lors de sa campagne, le candidat Macron avait déjà créé la polémique pendant sa campagne à la présidentielle 2017 en qualifiant la colonisation de "crime contre l'humanité". Et, depuis le début de son quinquennat, le chef de l'État, né bien après la fin de la guerre d'Algérie, a déjà entrepris plusieurs incursions sur ce terrain historique si sensible, en honorant les harkis ou en reconnaissant que Maurice Audin, mathématicien pro-indépendance disparu en 1957, était bien "mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France".

"Indécence absolue", pour la droite et l'extrême-droite

"C'est de l'indécence. Après avoir qualifié la colonisation de 'crime contre l'humanité', il fait l'amalgame entre la guerre d'Algérie et le pire génocide de l'histoire humaine !", s'est ému samedi le sénateur LR Bruno Retailleau dans le Figaro. Et le chef de file des Républicains de dénoner une "double offense" : pour "les soldats français qui ont combattu en Afrique du Nord et qui se voient assimilés aux bourreaux de la pire espèce" et pour "les victimes de la Shoah, puisque cet insupportable rapprochement revient à relativiser la monstruosité qu'a été l'Holocauste".

"Indécence absolue. Ces propos sont à la fois une folie pour l'histoire et la mémoire, et une bombe à retardement pour notre avenir", a abondé l'eurodéputé LR, François-Xavier Bellamy, sur Twitter. "Comparer la Shoah à la guerre d'Algérie est obscène. Emmanuel Macron est en pleine dérive", a pour sa part estimé la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Emmanuel Macron veut désamorcer la polémique

Soucieux d'étouffer le début de la controverse dans l'œuf, l’Élysée a récusé toute comparaison entre la Shoah et la guerre d’Algérie. "C’est le crime absolu qui ne peut être comparé à aucun autre", a précisé samedi Emmanuel Macron au Figaro, en relevant la "singularité la plus extrême" de l’Holocauste. 

Dans son esprit, le seul lien qui existe se joue entre "les sujets mémoriels" dans leur ensemble, qui "sont au cœur de la vie des nations". "Qu’ils soient utilisés par certains, refoulés par d’autres, assumés… Ils disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique", se défend-t-il.

Avec AFP

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