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Harvey Weinstein tenait une "liste rouge" des femmes susceptibles de le dénoncer

Harvey Weinstein quitte le tribunal de New York le 24 janvier 2020.
Harvey Weinstein quitte le tribunal de New York le 24 janvier 2020. © Brendan McDermidb, Reuters

Selon un détective privé interrogé vendredi au procès de Harvey Weinstein, le producteur déchu avait cherché à enquêter sur les femmes susceptibles de le dénoncer pour agression sexuelle.

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Au troisième jour du procès de Harvey Weinstein à New York, un détective privé a expliqué, vendredi 24 janvier, que le producteur déchu voulait recueillir des informations sur les femmes susceptibles de le dénoncer.

Sam Anson a expliqué avoir reçu un courrier électronique d'Harvey Weinstein mi-août 2017, un peu moins de deux mois avant la publication des révélations du New York Times et du New Yorker. Le message contenait une "liste rouge" de personnes sur lesquelles l'ancien patron du studio Miramax demandait au privé d'enquêter. Il l'a également appelé pour préciser sa requête.

"Il disait qu'il s'inquiétait de la préparation d'articles évoquant son comportement sexuel de manière négative", a témoigné Sam Anson, qui a assuré ne pas avoir donné suite à cette demande.

"Il me détruira"

Dans cette liste figuraient notamment, selon l'enquêteur, les noms des actrices Annabella Sciorra et Rose McGowan, qui affirment avoir été violées par Harvey Weinstein. Bien qu'elle n'ait pas parlé publiquement de ce viol jusqu'en octobre 2017, Annabella Sciorra avait témoigné jeudi en avoir parlé à une amie, l'actrice Rosie Perez.

Vendredi, cette dernière a comparu comme témoin et a bien indiqué avoir parlé à Annabella Sciorra, la nuit de son agression présumée. "Annabella m'a dit 'Je crois que quelque chose de grave est arrivé. Je crois que c'était un viol'", a déclaré l'actrice. Quelques mois après, Annabella Sciorra lui a révélé qu'Harvey Weinstein était l'agresseur. "Je lui ai dit : 'S'il te plait, parle à la police.' Mais elle m'a dit, 'Je ne peux pas, il me détruira.'"

Un avocat de la défense, Damon Cheronis, a cependant accusé Rosie Perez de se contredire : il a souligné qu'elle avait dit dans le passé, à un journaliste du New Yorker, qu'Annabella Sciorra ne lui avait parlé du viol que longtemps après les faits.  

"Mythes"

Vendredi matin, le tribunal avait entendu un autre témoin de l'accusation, la psychiatre Barbara Ziv, qui avait témoigné au procès de la star de la télé américaine Bill Cosby, condamné pour agression sexuelle.

La procureure de Manhattan, Joan Illuzzi-Orbon, l'a citée pour démonter "certains mythes" sur les agressions sexuelles. L'experte a notamment souligné que la plupart des agressions sexuelles étaient commises par une connaissance de la victime et non par un inconnu et qu'il était faux de penser que les victimes signalaient généralement leur agression à la police ou à des amis.

Lors d'un contre-interrogatoire, l'avocat de la défense Damon Cheronis a demandé à Barbara Ziv s'il était possible qu'avec les années, "par honte", des femmes qualifient de viol ce qui avait été un rapport sexuel consensuel.
"Tout est possible, (mais) ce n'est pas habituel," a répondu Mme Ziv.

Harvey Weinstein, 67 ans, longtemps figure vénérée d'Hollywood, risque la perpétuité pour avoir agressé sexuellement deux femmes, une ex-assistante de production en 2006 et une jeune actrice en 2013. Il affirme que ses relations sexuelles étaient toutes consenties. Son procès est censé durer jusqu'au 6 mars.

Avec AFP

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