Accéder au contenu principal

Italie : élection régionale cruciale en Emilie-Romagne, Salvini en embuscade pour déloger la gauche

Le chef de la Ligue Matteo Salvini (gauche) et la candidate de la droite et sénatrice de la Ligue Lucia Borgonzoni , en campagne pour les élections régionales en Emilie-Romagne.
Le chef de la Ligue Matteo Salvini (gauche) et la candidate de la droite et sénatrice de la Ligue Lucia Borgonzoni , en campagne pour les élections régionales en Emilie-Romagne. © Andreas Solaro, AFP (archives)

Les Italiens ont les yeux rivés sur l'Émilie-Romagne, riche région du nord dont l'élection régionale qui se tient ce dimanche a valeur de test national, la coalition au pouvoir redoutant qu'un succès de l'extrême-droite de Matteo Salvini n'entraîne une chute du gouvernement.

Publicité

La fragile coalition au pouvoir en Italie se prépare à des élections régionales cruciales, dimanche en Emilie-Romagne, dont l'extrême-droite espère qu'elles déclencheront un séisme politique et permettront à son sulfureux leader Matteo Salvini de revenir au pouvoir.

Quelque 3,5 millions d'électeurs sont appelés à voter entre 7h et 23h pour élire leur exécutif régional. Une des clés du scrutin sera la participation alors que deux électeurs sur trois n'avaient pas voté aux dernières régionales en 2014.

Les représentants de la majorité formée par le Parti démocrate (PD, centre-gauche) et le mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème) ont eu beau répéter que ce scrutin n'auraiy aucune incidence sur le gouvernement, le chef de la Ligue, Matteo Salvini, a prévenu : si son parti l'emporte en Émilie-Romagne, il exigera dès lundi des législatives anticipées.

Fort des sondages montrant la Ligue en tête des intentions de vote à 30 %, et premier parti d'Italie, le populiste espère qu'un retour des Italiens aux urnes sera synonyme pour lui de reconquête du pouvoir. 

Une dynamique anti-salvinienne ?

Riche région du centre-nord de la péninsule, baignée par l'Adriatique, l'Émilie-Romagne a longtemps été un bastion imprenable de la gauche, même si la droite a fait de sérieuses incursions dans ses villages et ses campagnes. Les derniers sondages publiés avant le silence médiatique imposé par la loi ont montré que la droite, menée par la Ligue, y était au coude-à-coude avec le Parti démocrate.

Soutenue par l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi, la candidate d'extrême-droite Lucia Borgonzoni, 43 ans, a été éclipsée par Matteo Salvini qui a sillonné la région et innondé les réseaux sociaux de photos et de message électoraux. Le leader d'extrême droite a mis la gauche en colère samedi en rompant le silence préélectoral par un tweet sur "l'avis d'expulsion" qu'il ira remettre au gouvernement après sa victoire.

Dans le camp adverse, le président de région sortant et candidat de la gauche Stefano Bonaccini lui a opposé pendant sa campagne la bonne gestion et les résultats économiques en Émilie-Romagne qui affiche un taux de chômage de 5,9 % (contre 9,7 % au plan national) et une croissance de 2,2 % en 2018.

L'élu de gauche pourrait aussi profiter de la dynamique anti-salvinienne créée par les Sardines, mouvement de jeunesse né dans la région il y a deux mois et rapidement devenu un symbole national de la protestation contre l'extrême droite.

Certains analystes affirment toutefois que nombre d'entreprises familiales et artisanales locales sont mécontentes et se sentent les laissées-pour-compte de la mondialisation. D'autres expliquent que la gauche traditionnelle a abandonné ceux qu'elle cherchait autrefois à défendre pour satisfaire d'autres intérêts.

Un M5S rongé par les luttes internes

Pour la première fois de son histoire, la Ligue a triomphé en Émilie-Romagne aux élections européennes de mai, devenant le premier parti régional avec près de 34 % des voix, dépassant les 31 % du PD. Cinq ans plus tôt, elle n'avait recueilli que 5 % des suffrages, contre 53% au parti de gauche.

Le principal facteur de stabilité de la majorité au pouvoir en Italie, affaiblie par les divisions, est la crainte commune d'un retour prématuré aux urnes qui pourrait permettre à Matteo Salvini de revenir aux affaires.

Mais une victoire de la Ligue accroîtrait les tensions au sein de la majorité, le PD reprochant alors probablement au M5S d'avoir refusé de présenter un candidat unique, divisant ainsi le vote anti-Salvini.

Les experts estiment qu'un tel résultat pourrait provoquer l'effondrement du M5S, rongé par les luttes internes et dont une quinzaine de parlementaires ont fait défection ces dernières semaines.

Le chef du M5S, Luigi Di Maio, a démissionné mercredi pour tenter d'éviter une crise, mais les observateurs ont averti que cela pourrait ne pas être suffisant.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.