Accéder au contenu principal

Open d'Australie: Ons Jabeur, "produit 100% de Tunisie"

Publicité

Melbourne (AFP)

"Je suis un produit 100% de Tunisie !" Ons Jabeur, première joueuse du monde arabe à atteindre les quarts de finale d'un tournoi majeur, est particulièrement fière de sa formation à domicile et de démontrer ainsi à ses plus jeunes compatriotes que "ça le fait".

"J'essaie d'inspirer les jeunes générations en Tunisie, dans le monde arabe et plus globalement en Afrique: je l'ai fait, ce n'est pas impossible. Je me suis entraînée en Tunisie de l'âge de 3 ans à 16 ou 17", rappelle la 78e mondiale, 25 ans, avant ce premier tournoi du Grand Chelem de l'année.

Ayant atteint un certain niveau, comme tous les joueurs professionnels elle s'est tournée vers des entraîneurs internationaux avec notamment un stage de 8 mois en 2012 à l'académie de Justine Henin en Belgique ("J'ai adoré parce que pour la première fois j'étais seule et moi j'aime être indépendante", raconte-t-elle) et elle a aujourd'hui un coach français, Bertrand Perret.

Jusqu'à cet Open d'Australie, son meilleur résultat en Majeur était le 3e tour à Roland-Garros 2017 et à l'US Open 2019, ce dernier l'ayant menée à son meilleur classement, la 51e place.

Et puis d'un coup, après une préparation d'inter-saison effectuée de novembre à décembre en Tunisie et qu'elle juge "incroyable" tant tennistiquement que physiquement (sous la direction de son mari russo-tunisien Karim Kamoun, escrimeur), la voilà en quarts à Melbourne. En ayant, au passage, mis à la retraite la lauréate 2018 et ex-N.1 mondiale Caroline Wozniacki au 3e tour.

- "Aller plus loin" -

"Je ne veux pas m'arrêter là, j'ai vraiment envie de continuer et d'arriver plus loin. J'ai fait un long chemin et ce n'est pas le moment de s'arrêter", assure la joueuse de 1,67m (taille nettement inférieure à celle de la plupart de ses adversaires) après sa victoire en 8es contre Qiang Wang qui avait elle-même battu Serena Williams au tour précédent.

Car, "franchement, je sais que j'ai le niveau d'atteindre un quart, une demie ou une finale de Grand Chelem... ou même de le gagner", assure-t-elle.

Le talent de Jabeur et sa large panoplie de coups, comme son relâchement et sa capacité à faire le point sur un coup, étaient connus. La nouveauté réside dans sa capacité à "enchaîner les gros matchs", souligne Perret.

La difficulté pour la coacher, c'est la multiplicité des choix que son talent lui permet d'envisager. "On essaie de trouver des objectifs et d'orienter son jeu", explique-t-il.

- "Fanatique de foot" -

Un autre problème, plus inattendu est que sa joueuse est une fanatique de football. "Si elle pouvait remplacer les entraînement de tennis par des entraînements de football, elle serait la plus heureuse", assure-t-il.

Jabeur, elle, ne cache pas s'être fixé des objectifs très ambitieux en 2020, comme accéder au Top 20 puis se qualifier pour le Masters, en fin d'année à Zhuhai.

Ses performances l'ont déjà mise sous le feu des projecteurs. "Si c'est une fille, je l'appelle Ons. Si c'est un garçon ce sera Jabeur!", a même écrit une internaute tunisienne enceinte.

Mais la pression médiatique et l'attention qu'elle attire dans son pays depuis récemment, loin de la perturber, lui procurent un grand plaisir. "Je reçois plein de messages, mais je n'arrive pas à répondre à tout le monde. Tous les médias en Tunisie veulent une déclaration de ma part (...) En même temps, j'essaie de ne pas être trop contente parce que je dois rester concentrée pour mon prochain match", explique cette joueuse parlant couramment l'arabe, le français et l'anglais.

Et les conférences de presse où se pressent de plus en plus de journalistes ? "C'est normal, estime-t-elle. Quand on gagne, il y a plus de monde et c'est tout à fait normal. J'aime bien répondre aux questions. Ça fait plaisir et merci à tous de venir prendre mes déclarations".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.