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Décès de "Michou", figure mythique des nuits parisiennes

Michel Georges Alfred Catty, alias Michou, dans son dressing, le 7 juin 2016 à Paris
Michel Georges Alfred Catty, alias Michou, dans son dressing, le 7 juin 2016 à Paris © Joël Saget, AFP

"Michou", célèbre directeur du cabaret transformiste parisien de Montmartre qui porte son nom, est décédé dimanche à l'âge de 88 ans. Il avait inspiré le classique du cinéma "La cage aux folles".

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"Michou est mort tôt ce dimanche matin dans un hôpital à Paris". C'est par ces mots que François Deblaye, attaché de presse du cabaret et de l'artiste, a annoncé le décès du célèbre artiste parisien dimanche 26 janvier. Victime mercredi d'un malaise respiratoire, il était hospitalisé depuis et placé sous respirateur artificiel.

De son vrai nom Michel Catty, "Michou" avait ouvert en 1956 son célèbre cabaret de la rue des Martyrs qui a accueilli tous les jours pendant plus de 60 ans célébrités et inconnus venus dîner avant le spectacle d'artistes transformistes reprenant les chansons des grandes stars de l'époque.

Né à Amiens (Somme), le jeune Michel "monte à Paris" à 17 ans, où il sera finalement devenu le "prince bleu de Montmartre", titre de ses mémoires, en hommage à sa couleur fétiche, du costume aux lunettes, sous un éternel brushing blond platine.

Alors qu'il gère un bar au 80 de la rue des Martyrs il se travestit avec deux amis - lui est Brigitte Bardot - à l'occasion du carnaval de Mardi-Gras de 1956.

Le succès sera rapide, le bar deviendra cabaret et proposera le premier spectacle de l'après-guerre constitué d'hommes se travestissant en femmes pour imiter les vedettes de l'époque.

"J'ai la chance d'être un homosexuel notoire et aimé," disait celui qui était devenu une figure de "la Butte", dont il recevait une fois par mois dans son petit établissement des personnes âgées.

L'annonce de son décès a suscité de très nombreuses réactions, célébrant notamment cette figure de "tolérance".

Un mythe de la nuit parisienne

"Le dernier dinosaure des nuits parisiennes nous a quittés. Au delà de l'homme de spectacle, Michou a été aussi un homme de conviction et a toujours été un défenseur de la diversité des genres", ont écrit le directeur artistique du cabaret, Oscar Loup, et la troupe des "Michettes", qui devait assurer dimanche soir le spectacle, avec un hommage au fondateur.

Faisant part de sa "profonde émotion", le ministre de la Culture, Franck Riester, a salué sur Twitter "une figure généreuse et mythique de la nuit parisienne. Son cabaret restera toujours synonyme de tolérance et de fête".

La maire de Paris Anne Hidalgo a rendu hommage à "une immense figure de la tolérance et de la nuit parisienne".

"Michou restera l'icône du cabaret parisien," a déclaré à l'AFP la chanteuse Mireille Mathieu, personnage récurrent du spectacle et qui avait joué dans un film de Claude Lelouch son propre rôle au côté de son "double" de chez Michou. "Enjoué, plein d'humour, il était entouré des meilleurs transformistes qui imitaient à la perfection et sans vulgarité les artistes".

"Michou c'était Paris ! Comme moi, il voyait la vie en bleu", a tweeté une autre figure des nuits parisiennes, Line Renaud, tandis que le cabaret Crazy Horse saluait "une vraie légende du cabaret français, inspirant et visionnaire pour tant de générations".

Michou avait récemment posté sur sa page Facebook des photos datées du 20 janvier où on le voit amaigri en compagnie de Brigitte Macron portant... un pantalon de cuir bleu.

Son cabaret ne devrait pas lui survivre. Dans ses mémoires parues en 2017 il indiquait en effet vouloir être enterré dans un cercueil bleu et que le cabaret s'arrête à sa mort.

"Je veux que cette maison disparaisse avec moi. Cela peut paraître prétentieux, mais le cabaret ne me survivra pas", écrivait-il.

Avec AFP

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