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En France, la manne économique des touristes chinois menacée par le coronavirus

Des voyageurs portant des masques de protection dans une gare de Pékin, le 24 janvier 2020.
Des voyageurs portant des masques de protection dans une gare de Pékin, le 24 janvier 2020. © Nicolas Asfouri, AFP

Plus de 2 millions de Chinois visitent chaque année la France mais l’épidémie de Coronavirus risque de ralentir les flux touristiques et de pénaliser l’économie française. 

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Le coronavirus chinois va-t-il avoir un impact sur l'économie française ? Alors que plus de 2 millions de Chinois visitent la France chaque année, l'épidémie qui touche la Chine pourrait pénaliser l'économie française.

"Si les Chinois représentent 2,5 % de la fréquentation touristique totale, ils sont encore plus 'lourds' économiquement : avec 4 milliards d'euros de dépenses, ils totalisent 7 % de la recette touristique", indique à l'AFP Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, l'organisation qui représente le secteur du voyage en France.

Rien qu'à Paris et dans sa région, les visiteurs chinois ont dépensé 265 millions d'euros en 2018 dans des biens "durables", qui ne sont pas consommés sur place, comme un sac à main, un vêtement, un parfum ou un simple souvenir, selon des données de la Chambre de commerce et de la Région.

Pour Jean-Pierre Mas, si l'épidémie perdure, "l'impact économique sera important, notamment pour l'hôtellerie et le secteur du luxe".

>> À lire : Coronavirus : les étapes de la propagation du nouveau virus chinois

Lors du Nouvel An chinois 2019, "le nombre de détaxes des touristes chinois en France avait diminué de 5 % par rapport à 2018, notamment à cause du mouvement des Gilets jaunes", selon la société Planet. Sur cette base et dans "le pire des scénarios pour 2020, les pertes pourraient être estimées à 10 % des achats détaxés en France, soit 22 millions d'euros".

Baisse générale des arrivées lors du Sras en 2003

"Forcément cela va créer un manque d'arrivées de touristes chinois", même si "février n'est pas un énorme mois", renchérit Christophe Decloux, directeur général du Comité du tourisme de la région parisienne (CRT).

Il rappelle qu'en 2003, lors de l'épidémie de Sras en Asie, "on a eu une baisse d'arrivées - pour l'ensemble des marchés asiatiques et pas seulement le marché chinois - de 1,7 million de touristes, ce qui représentait une perte d'environ 200 millions d'euros de chiffre d'affaires".

En ce qui concerne les touristes français qui souhaiteraient se rendre en Chine, le syndicat des tour-opérateurs français (Seto) a recommandé dimanche la suspension des voyages organisés vers ce pays "jusqu'au 21 février inclus" du fait de l'épidémie de coronavirus, en raison de la fermeture de la plupart des sites touristiques.

"Entre les tour-opérateurs et les agences de voyages françaises, cela représente moins d'un millier de touristes français concernés", indique Jean-Pierre Mas, ajoutant que "c'est la très basse saison, et c'est en plus une destination qui avait moins de succès en raison des difficultés d'obtention des visas".

Depuis l'été dernier, les Français souhaitant se rendre en Chine doivent fournir des empreintes digitales afin d'obtenir un visa, et ne peuvent le faire que dans quatre centres habilités dans toute la France.

Avec AFP

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