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Syrie : la bataille de Maaret al-Noomane pousse les habitants à l'exode

Famille syrienne fuyant les combats dans la région d'Idleb, le 27 janvier 2020.
Famille syrienne fuyant les combats dans la région d'Idleb, le 27 janvier 2020. © Aaref Watad, AFP
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Dans sa stratégie pour reconquérir la province d'Idleb, le régime syrien se concentre sur Maaret al-Noomane, une ville clé du nord-ouest de la Syrie, dans une zone dominée par des jihadistes et des rebelles. De longues colonnes de véhicules transportant les habitants de la région ont envahi les routes.

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Des camionnettes, mais aussi des tracteurs, chargés de matelas en mousse, de tapis, de bassines et d'ustensiles de cuisine, transportant des femmes et des enfants, certains emmitouflés dans des couvertures : l'exode de population dans la province d'Idleb en Syrie, constaté par le correspondant de l'AFP lundi 27 janvier, est massif. 

Après des semaines de bombardements meurtriers, les forces du régime de Bachar al-Assad sont en passe de prendre la ville stratégique de Maaret al-Noomane dans la province d'Idleb. La ville est situé sur l'autoroute M5 qui relie la capitale Damas à la métropole d'Alep, une voie que le régime cherche à sécuriser.

Plus de 350 000 personnes déplacées par l'offensive du régime

Quasi-assiégée par les forces gouvernementales, la ville s'est quasiment vidée de sa population. Assise à l'avant d'un véhicule, Oum Hussein est en larmes. "Je ne sais pas où on va aller, où on va habiter, il n'y a pas de refuge pour nous", déplore cette mère de sept enfants partie de la région de Jabal al-Zawia, près de Maaret al-Noomane, sous le couvert de la nuit. "J'ai laissé mes proches mais aussi ma fille, je ne sais pas ce qu'elle va devenir, elle est sur le point d'accoucher", lâche-t-elle. "Il n'y avait pas assez de voitures pour les faire sortir".

Depuis début décembre, 358 000 personnes ont été déplacées par les violences, en grande majorité des femmes et des enfants, selon l'ONU. "La situation se détériore au jour le jour, plus de civils meurent", déplore une responsable du Comité international de secours (IRC), Misty Buswell, interrogée par l'AFP. "Cette dernière escalade en date ne fera qu'empirer la catastrophe humanitaire qui se déroule déjà à Idleb", a-t-elle mis en garde.

Photographie diffusée par l'agence officielle SANA (Syrian Arab News Agency), le 27 janvier 2020.
Photographie diffusée par l'agence officielle SANA (Syrian Arab News Agency), le 27 janvier 2020. © AFP

La province d'Idleb dans le viseur

Appuyé par l'aviation de son allié russe, le régime n'a de cesse de marteler sa détermination à reconquérir Idleb, grand bastion dominé par des jihadistes et qui accueille aussi des rebelles affaiblis. 

La grande région d'Idleb et des territoires adjacents dans les provinces voisines d'Alep, Hama et Lattaquié sont dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a assuré que les forces du régime se trouvaient "aux abords" de Maaret al-Noomane. "La ville est quasi-encerclée", a indiqué le directeur de cette ONG, Rami Abdel Rahmane.

Deux civils ont été tués dans des raids russes sur le village de Chnan, au nord de Maaret al-Noomane, d'après l'Observatoire, le régime et son allié poursuivant leurs frappes aériennes dans le secteur. Ces derniers jours, les forces gouvernementales ont conquis environ 18 villages et localités au nord et à l'est de Maaret al-Noomane, selon l'OSDH. Les troupes accentuent aussi la pression sur le flanc ouest de cette ville, d'après l'Observatoire et un  correspondant de l'AFP.

Ces derniers mois, le régime a mené plusieurs opérations militaires qui lui ont permis de grignoter des pans de territoires à Idleb et ses environs, malgré des trêves restées au final lettre morte. S'il parvenait à reconquérir cette vaste région, le régime aurait repris le contrôle de la quasi totalité du pays, hormis les zones contrôlées par les Kurdes ou par les forces turques et des supplétifs syriens dans le nord.

Avec AFP

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