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"Avenir brillant" ou "conspiration", les réactions au plan de Donald Trump pour le Proche-Orient

Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 27 janvier 2020.
Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 27 janvier 2020. © Mark Wilson, AFP

Aussitôt présenté, aussitôt salué ou conspué. Le plan de paix au Proche-Orient présenté mardi par Donald Trump n'a pas manqué de faire réagir Israéliens et Palestiniens, mais aussi la communauté internationale tout entière. Tour d'horizon des principales réactions à travers le monde.

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Louanges, colère, circonspection… L'"accord du siècle" dévoilé mardi 28 janvier en grande pompe par Donald Trump à la Maison Blanche a suscité de nombreuses réactions de la communauté internationale. Immédiatement rejeté par les Palestiniens et leurs alliés, il a été salué par le Premier ministre israélien et laissé les Européens circonspects.

Ce plan, favorable à Israël auquel Washington accorde de nombreuses garanties et notamment un feu vert pour annexer les colonies, a été plébiscité par Benjamin Netanyahu. "Vous avez dessiné aujourd'hui un avenir brillant, un avenir brillant pour les Israéliens, pour les Palestiniens et pour la région, en présentant une voie réaliste vers une paix durable."

"Je sais qu'il y aura de l'opposition. Il y a toujours de l'opposition. Je sais qu'il y aura de nombreux obstacles le long de la route, beaucoup de critiques. Mais nous avons un vieux proverbe juif qui dit : 'Si ce n'est pas maintenant, alors quand ? Si ce n'est pas nous, alors qui ?'"

"Cette conspiration, ne passera pas"

Ce sera à l'évidence pour plus tard, pour Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, qui n'avait d'ailleurs pas fait le déplacement aux États-Unis. "Je dis à Trump et Netanyahu : Jérusalem n'est pas à vendre, nos droits dans leur ensemble ne sont pas à vendre et ne sont pas l'objet de marchandages. Et votre accord, cette conspiration, ne passera pas."

Même rejet pour les responsables du Hamas. "La déclaration de Trump est agressive et provoquera beaucoup de colère". Et de poursuivre : "La déclaration de Trump sur Jérusalem est absurde et Jérusalem sera toujours une terre pour les Palestiniens (...). Les Palestiniens contesteront et accord et Jérusalem restera une terre palestinienne."

Pire, "le projet de règlement contenu dans ce plan est des plus dangereux, estime le Hezbollah libanais, dans un communiqué. Il vise à se débarrasser du droit au retour (des réfugiés palestiniens), à priver le peuple palestinien de son droit sur ses terres (...) et à créer des tensions sociales et démographiques et de la sédition qui ne serviront que les intérêts de l'ennemi et ses buts expansionnistes."

"Un plan mort-né "

La Turquie n'adhère pas plus au plan américain qualifié de "plan d'annexion qui vise à tuer la solution à deux États et à voler des terres aux Palestiniens", a considéré le ministère des Affaires étrangères. Ce plan est "mort-né". Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué un plan "absolument inacceptable" car "Jérusalem est sacrée pour les musulmans. Et de conclure, "c'est un plan visant à légitimer l'occupation israélienne".

D'autres réactions plus favorables se sont fait entendre dans la région. "La Jordanie soutient tous les efforts sincères visant à obtenir une paix juste et globale", dont la seule voie est l'établissement d'un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, Ayman Safadi, ministre jordanien des Affaires étrangères. Il a en outre invité "les parties concernées à examiner de manière attentive et minutieuse la vision américaine pour parvenir à la paix et à ouvrir les canaux du dialogue, sous les auspices des États-Unis, pour la reprise des négociations".

L'Arabie saoudite, elle, "apprécie" les efforts du président américain Donald Trump pour un plan de paix au Moyen-Orient, a annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères, qui a appelé à des pourparlers directs entre Israël et les Palestiniens.

Les Émirats arabes unis ont vu dans ce texte "un important point de départ" pour un retour à la table des négociations, tandis que l'Égypte a appelé Israéliens et Palestiniens à un examen "attentif" et "approfondi" du plan.

Circonspection en Europe

Londres a vu dans le projet porté par les États-Unis "une proposition sérieuse". "Seuls les dirigeants d'Israël et des territoires palestiniens pourront déterminer si ces propositions peuvent répondre à leurs besoins et aux aspirations des peuples qu'ils représentent, a commenté Domnic Raab. Nous les encourageons à donner à ces plans un examen sincère et juste et à voir s'ils pourraient constituer une première étape sur la voie du retour aux négociations."

Le reste de l'Europe reste plus mitigé. La France a exprimé "sa conviction que la solution des deux États, en conformité avec le droit international et les paramètres internationalement agréés, est nécessaire à l'établissement d'une paix juste et durable au Proche-Orient", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Berlin a rappelé que seule une solution "acceptable par les deux parties" pouvait conduire à la paix. Une référence claire au rejet total par les Palestiniens, du plan proposé par Donald Trump. "La proposition américaine soulève des questions dont nous allons maintenant discuter avec nos partenaires de l'Union européenne", a ajouté le ministère des Affaires étrangères allemand dans un communiqué.

La Russie a plaidé pour des "négociations directes" entre Israéliens et Palestiniens, afin de parvenir à un "compromis mutuellement acceptable".

L'ONU reste

À New York, le porte-parole des Nations unies a rappelé que l'organisation internationale s'en tenait aux frontières définies en 1967. "La position des Nations unies sur la solution à deux États a été définie à travers les ans par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale auxquelles est tenu le secrétariat" de l'ONU, a précisé Stéphane Dujarric dans un communiqué.

Aux États-Unis aussi, le plan ne semble pas convaincre tout le monde. Pour Robert Malley, ancien conseiller de Barack Obama et président de l'International Crisis Group, le message adressé aux Palestiniens est clair et sans nuances : "Vous avez perdu, il va falloir vous y habituer".

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