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Coronavirus : la communauté franco-chinoise victime de racisme

En grande majorité, la diaspora chinoise de l'Hexagone ne vient pas de la province du Hubei, épicentre de l'épidémie et ne se sent donc pas directement concernée.
En grande majorité, la diaspora chinoise de l'Hexagone ne vient pas de la province du Hubei, épicentre de l'épidémie et ne se sent donc pas directement concernée. © Soe Zeya Tu, Reuters

La stigmatisation à l’encontre de la communauté chinoise de France se propage en même temps que l'épidémie de pneumonie virale. Sur les réseaux, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus dénonce ces amalgames xénophobes.

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Dimanche 27 janvier, l'un des défilés du Nouvel an chinois a été annulé à Paris. Pour Sacha Lin-Jung, responsable du pôle citoyenneté à l'Association des Chinois résidant en France, "plus que le risque sanitaire, c'est la crainte de voir la population d'origine chinoise stigmatisée" qui explique cette annulation.

"Il y a une hystérie collective teintée de xénophobie, une libération de la parole raciste à l'égard des populations asiatiques en France. Elles seraient toutes porteuses du virus et il faudrait s'en éloigner", ajoute Sacha Lin-Jung.

Il cite à l'appui de son propos l'édition du Courrier Picard daté de dimanche, qui a titré "Alerte jaune" avant de s'excuser dimanche après-midi.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux témoignages viennent appuyer son affirmation. Elodie, qui ne donne que son prénom, a raconté l'AFP une scène à laquelle elle a assisté. "Samedi après-midi, je faisais mes courses à Saint-Priest [dans le Rhône, NDLR] quand, à quelques mètres de moi, un couple de personnes âgées a refusé de se faire servir par la vendeuse, d'origine asiatique, avant de lui dire de retourner dans son pays. D'abord choquée, la vendeuse a fondu en larmes."

#JeNeSuisPasUnVirus

Face à la multiplication des témoignages et pour dénoncer les amalgames à l'endroit des personnes asiatiques, par ailleurs régulièrement la cible, ces dernières années en Île-de-France, d'agressions, le mot-clé #JeNeSuisPasUnVirus a fait florès sur Twitter et figurait mardi parmi les principales "tendances France".

Nous avons reçu des témoignages "de personnes se plaignant de comportements irrespectueux, voire discriminants, alors même qu'elles ne sont pas d'origine chinoise mais simplement asiatiques. Mais elles sont assimilées à des Chinois et donc au virus", explique Laetitia Chhiv, la présidente de l'Association des jeunes Chinois de France.

Une communauté mal connue

Elle estime par ailleurs, prenant aussi l'exemple de sketches d'humoristes, qu'on "se permet, avec la communauté asiatique, des comportements qu'on ne se permettrait pas avec d'autres du fait qu'elle a longtemps été considérée comme invisible".

Cette communauté est en effet très mal connue en France. En grande majorité, la diaspora chinoise de l'Hexagone ne vient pas de la province du Hubei, épicentre de l'épidémie et ne se sent donc pas directement concernée.

Les membres interrogés sont aussi globalement peu soucieux pour leur propre santé, alors que quatre cas avaient été détectés mercredi en France.

Avec AFP

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