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François Fillon, un retour médiatique en forme de grand oral avant le procès

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Paris (AFP)

Après un long silence, François Fillon fait son retour médiatique jeudi avec une interview télévisée en forme de grand oral, à quelques semaines de son procès qui risque de raviver de mauvais souvenirs à droite.

L'ex-candidat à l'élection présidentielle et ancien Premier ministre, retiré de la vie politique depuis sa défaite en 2017, sera l'invité exceptionnel de "Vous avez la parole" à 21H00 sur France2.

Au programme: 1H15 d'interview, "sans contradicteur" autre que les journalistes Léa Salamé et Thomas Sotto, a indiqué lundi la rédactrice en chef de l'émission, Alix Bouilhaguet.

"Il y aura une grande phase d'interview autour des affaires, mais on parlera aussi de la situation de la France, de la gouvernance" et de "la situation à l'international", a-t-elle ajouté.

L'interview fera aussi figure de grand oral à trois semaines du procès de M. Fillon, pour "détournement de fonds publics" notamment, qui se tiendra du 24 février au 11 mars devant le tribunal correctionnel de Paris.

"François Fillon a à cœur de rétablir ce qu'il est et qui il est", a assuré au Figaro le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, proche de l'ancien chef du gouvernement.

M. Fillon, son épouse Penelope et son ancien suppléant à l'Assemblée Marc Joulaud seront jugés dans l'affaire des emplois présumés de Penelope, pour lesquels elle aurait touché plus d'un million d'euros entre 1998 et 2013. Le couple devra aussi répondre de "complicité et recel d'abus de biens sociaux" pour un emploi en partie fictif à la Revue des Deux Mondes.

"J'espère que Francois Fillon pourra s'expliquer", a affirmé sur SudRadio le député LR Eric Woerth, pour qui "une partie de l'élection présidentielle a été complètement faussée" en 2017 par ce feuilleton.

- "Minable" -

En 2017, cette retentissante affaire aux multiples rebondissements avait stoppé net la course en tête pour la présidentielle du candidat de droite, parti favori dans les sondages mais finalement éliminé au premier tour.

Pour Les Républicains qui n'ont cessé de s'enfoncer depuis, cette séquence ravive de mauvais souvenirs, juste avant des élections municipales qui leur offrent enfin l'occasion de relever la tête.

La date est d'ailleurs "pour le moins surprenante", a affirmé le président de LR Christian Jacob, qui se montre serein: "pas sûr que ça ait une influence sur les élections".

D'autres digèrent mal la tribune offerte en prime-time à l'ancien candidat. "C'est minable. C'est nul. Cela n'a aucun intérêt", tempête un élu pour qui "Fillon a durablement abimé la droite". "Cela n'aura pas d'intérêt mais c'est sale".

A l'époque les révélations en cascade avaient écorné l'image intègre de M. Fillon. La formule assassine qu'il avait employée contre Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite - "qui imagine de Gaulle mis en examen?" - lui était revenue comme un boomerang.

Le coup de grâce était venu des révélations de Robert Bourgi, figure des réseaux de la "Françafrique", qui s'était vanté de lui avoir offert deux costumes d'une valeur de 13.000 euros.

Les Républicains peinent depuis à se remettre en selle. Mais certains veulent croire que le procès "permettra de tourner la page".

Qu'un "homme blessé" considère "qu'il doit s'exprimer devant les Français, c'est logique, ensuite la droite regarde devant", a assuré mardi sur RTL Damien Abad, le patron des députés LR.

Absent des médias français depuis 2017, M. Fillon avait toutefois donné une interview en octobre à la Radio-télévision suisse, où il comparait la mobilisation des "gilets jaunes" à celle des opposants à sa propre réforme des retraites, en 2003. "Macron, c'est un petit joueur à côté!" avait-il ironisé.

Loin de la politique, M. Fillon est associé de la société de gestion Tikehau Capital et siège à la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Il s'engage aussi pour les chrétiens d'Orient.

Et il y a peu de chances qu'il profite de l'émission de jeudi pour annoncer son retour en politique: en octobre il affirmait à la télévision suisse que "non", ce n'était pour lui pas imaginable.

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