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"Pris au piège": un rapport décrit le côté obscur de la "gig economy"

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Londres (AFP)

Entre frais cachés, salaires insuffisants, pression à la disponibilité constante et absence d'évolution, beaucoup d'employés de la "gig economy", les petits boulots par application interposée, se retrouvent "pris au piège", selon un rapport publié mercredi.

Pour beaucoup de travailleurs, les applications comme Uber ou Deliveroo "sont devenues un piège. Ils n'ont pas d'autre option que d'accepter ces emplois à la tâche, et pas de manière d'en sortir", et certains se sentent "pris dans des sables mouvants", poursuit le rapport du centre de réflexion spécialisé dans la technologie Doteveryone.

"Un Britannique sur dix prend un emploi à travers une plateforme numérique au moins une fois par semaine" pour fournir à des consommateurs toujours plus exigeants des courses de taxi, coiffures, repas, réparations diverses ou baby-sitting, entre autres, constate Doteveryone.

Il reconnaît que la "gig economy", dans laquelle travaillent près de 5 millions de personnes au Royaume-Uni, fonctionne pour certains de ces auto-entrepreneurs, en leur donnant une certaine liberté et des revenus confortables.

Parfois surnommé les "zero hour job" car ils ne garantissent aucun minimum horaire, ces emplois contribuent aussi largement à un record de faiblesse du taux de chômage au Royaume-Uni.

Si beaucoup d'employés d'entreprises comme Uber ou Deliveroo se satisfont de leurs revenus, à plein temps ou en complément d'une autre activité, Doteveryone souligne que beaucoup d'employés doivent pour espérer survivre "être disponibles 24 heures sur 24 sept jours sur sept et se battre pour chaque commande", sous peine de ne plus être sollicités s'ils en refusent une.

Ils vivent dans le stress d'une évaluation permanente des clients qui peut remettre en cause leur capacité à recevoir de futures commandes, et se plaignent d'être traités comme des robots par leurs employeurs.

Le dernier film du réalisateur britannique Ken Loach, "Sorry we missed you", met ainsi en scène les difficultés un employé d'une société de livraison qui travaille à un rythme si intense que sa santé et sa vie de famille s'en ressentent, et qui se retrouve dans une impasse financière après avoir accumulé des dettes pour acheter sa fourgonnette et faire face aux avaries de son matériel.

Ce traitement des salariés a notamment contribué à ternir l'image de la société de voiturage Uber.

Doteveryone recommande dans son rapport la mise en place d'un salaire minimal pour les travailleurs de la "gig economy" "qui prenne en compte le coût du travail à la tâche".

Le centre de réflexion suggère aussi la mise en place par les entreprises de la "gig economy" d'interlocuteurs pour répondre en direct aux questions de leurs employés qui trop souvent n'ont que des interfaces informatiques pour dialoguer.

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