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Regina Duarte, une actrice de droite à la tête de la Culture au Brésil

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Rio de Janeiro (AFP)

Icône de la télévision brésilienne, l'actrice de droite Regina Duarte, qui a annoncé mercredi avoir accepté de devenir la Secrétaire à la Culture du gouvernement de Jair Bolsonaro, a promis de "pacifier" un secteur artistique ébranlé par la "guerre culturelle" que lui livre le gouvernement.

À 72 ans, forte de 50 ans de carrière dans des télénovélas qui ont marqué des générations sur la chaîne TV Globo, elle remplace Roberto Alvim, limogé après avoir fait scandale avec un discours paraphrasant le chef de la propagande nazie Joseph Goebbels.

- La "petite amie" du Brésil -

Regina Blois Duarte est née en 1947 à Franca, au coeur d'une zone rurale du nord de l'Etat de Sao Paulo (sud-est). Elle est l'aînée des quatre enfants d'un père militaire "aux valeurs éthiques rigides" et d'une mère au foyer "très religieuse".

Yeux de biche, voix douce et longs cheveux bruns, elle a débuté au théâtre dès l'âge de 14 ans, puis fait quelques publicités avant de partir définitivement à la conquête du petit écran.

Elle est connue encore aujourd'hui sous le surnom de "petite amie du Brésil", qui lui a été donné après son rôle dans "Minha doce namorada" (ma douce petite amie), télénovela de 1971.

En 1979, Regina Duarte, a incarné à 32 ans une sociologue divorcée et mère célibataire, un rôle très marquant dans une société patriarcale et machiste.

Elle admet aujourd'hui que beaucoup d'hommes qui la rencontraient dans la rue à l'époque l'accusaient d'être "subversive pour la famille brésilienne".

Dans de nombreuses télénovélas des années 80, elle joue des personnages qui abordent des thèmes tabous à l'époque, comme l'avortement, l'orgasme féminin, la séparation ou la violence conjugale.

Malgré ces rôles parfois inspirés de son vécu personnel, Regina Duarte s'est toujours défendue d'être féministe.

"Même si j'ai pu avoir des attitudes avant-gardistes, j'ai toujours été et je reste une conservatrice", a-t-elle affirmé l'an dernier lors d'un entretien sur TV Globo.

- "Peur" de Lula -

Mère de trois enfants, six fois grand-mère, elle s'est mariée à cinq reprises.

Regina Duarte est aujourd'hui l'une des rares personnalités du monde culturel qui affiche sa sympathie envers le gouvernement Bolsonaro.

Après avoir participé à des manifestations en faveur des élections directes à la fin de la dictature militaire (1964-1985), elle a soutenu activement des candidats de centre droit, notamment l'ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002).

En 2002, elle a affirmé dans un spot de campagne du dauphin désigné de Cardoso qu'elle avait "peur" d'une éventuelle victoire du candidat de gauche Luiz Inacio Lula da Silva. Lula a finalement été élu pour deux mandats successifs.

En 2018, Regina Duarte a révélé qu'elle voterait pour le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, prononçant même un discours lors d'un de ses meetings.

"Quand je l'ai connu personnellement, j'ai vu un homme doux, un homme typique des années 50, comme mon père, qui fait des blagues homophobes, mais juste sur le ton de la plaisanterie", a-t-elle affirmé au quotidien Estado de S. Paulo.

La classe artistique s'est montrée divisée en apprenant qu'elle était citée pour reprendre en main le secrétariat à la Culture. Certains ont considéré qu'une personne issue du milieu pourrait être sensibilisée à ses problèmes.

"Elle est de droite, mais n'est pas nazie. Je crois que dans ce contexte de démantèlement total de la culture, elle peut nous aider", a déclaré à l'Estado de S. Paulo Paula Lavigne, productrice et épouse du célèbre chanteur Caetano Veloso.

Récemment, l'actrice a publié un message sur Instagram destiné "à tous les collègues de toutes expression artistiques et idéologiques", affirmant qu'elle comptait "lutter pour la pacification et l'union" des milieux artistiques.

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