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A Angoulême, Macron pose avec un t-shirt contre les violences policières

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Angoulême (AFP)

Premier chef de l'Etat depuis Mitterrand à se rendre au grand rendez-vous annuel de la bande dessinée d'Angoulême, Emmanuel Macron a surpris jeudi en posant avec un t-shirt dénonçant les violences policières, offert par le dessinateur Jul.

A l'occasion d'un déjeuner entre le chef de l'Etat et des auteurs, Emmanuel Macron a reçu des mains du dessinateur de "Silex and the city" un t-shirt représentant un Fauve (la récompense attribuées à Angoulême, ndlr) éborgné. Sous le dessin est écrit: "LBD 2020", référence au lanceur de balles de défense (LBD) et à l'acronyme choisi pour l'année de la BD (BD 2020).

Une photo du chef de l'Etat posant tout sourire avec son cadeau, postée par le dessinateur sur les réseaux, a immédiatement enflammé la Toile.

Jul a précisé à cette occasion avoir eu "une longue conversation sur le sujet des violences policières" avec le président.

Interrogé un peu plus tard par la presse, dont l'AFP, Emmanuel Macron a dit qu'il "récusait le terme de violences policières", assurant que "la violence est d'abord dans la société".

"Et s'il y a des policiers et des gendarmes qui ne respectent pas la déontologie, et je l'ai dit très clairement, je souhaite qu'ils soient poursuivis et sanctionnés de manière exemplaire", a-t-il ajouté.

Dans une ville quadrillée par de nombreuses forces de l'ordre, l'épisode a éclipsé le reste de la visite présidentielle, qui visait à "montrer l'attachement" du chef de l'Etat "au dessin et à la bande dessinée", selon l'Elysée. La dernière visite présidentielle à Angoulême datait de 1985.

Le chef de l’État a évité le centre ville, où environ 200 manifestants hostiles à la réforme des retraites, des avocats et une poignée d'auteurs, l'attendaient.

En l'absence du président, ces manifestants, rassemblés sur le parvis de l'Hôtel de Ville, ont copieusement chahuté et sifflé le ministre de la Culture Franck Riester, venu lancer l'année de la BD.

- auteurs de BD en colère -

La situation économique et sociale des auteurs de BD est souvent dramatique.

53% des auteurs de BD vivent avec moins que le Smic, et plus d'un tiers vivent sous le seuil de pauvreté. Les femmes sont encore plus mal loties: 50% des auteures vivent sous le seuil de pauvreté. L'accès des auteurs aux droits sociaux n'est pas toujours garanti.

Pourtant, font valoir les auteurs en colère, le secteur de la BD est florissant.

Le marché de la BD, mangas et comics a connu une très forte croissance (+34% entre 2008 et 2018) et pesait 276 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018, selon les données du Syndicat national de l'édition (SNE).

Le rapport Racine commandé par le ministère de la Culture et remis à Franck Riester il y a quelques jours reconnaît la situation de plus en plus précaire des auteurs et propose quelques pistes pour tenter d'améliorer la situation.

Le rapport de l'ancien président de la Bibliothèque nationale de France, plutôt bien accueilli par les auteurs, suggère notamment la création "d'un contrat de commande, qui pourrait rémunérer en droits d'auteur le temps de travail lié à l'activité créatrice". Il propose aussi de rémunérer la participation des auteurs à des salons ou des festivals comme celui d'Angoulême.

Franck Riester fera connaître ce qu'il retient du rapport lors de la première quinzaine de février.

Mais les éditeurs, montrés du doigt par certains auteurs, n'entendent pas céder.

Le président du SNE, Vincent Montagne, par ailleurs président du groupe d'édition Média-Participations (Dargaud, Dupuis, Le Lombard...) leader européen de la BD, qui a participé également au déjeuner avec Emmanuel Macron, a estimé que le rapport Racine mérite une "étude d'impact" avant toute décision.

"Les conséquences économiques de ce rapport ne font, à ce stade, l'objet d'aucune mesure chiffrée. Une étude d'impact sera donc indispensable", a indiqué le SNE (qui rassemble notamment les principaux éditeurs de bande dessinée).

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