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Coronavirus : la Chine joue-t-elle la carte de la transparence ?

La Chine s'est engagée à communiquer sur le coronavirus en toute transparence, mais des doutes persistent.
La Chine s'est engagée à communiquer sur le coronavirus en toute transparence, mais des doutes persistent. © AFP

Communiqués des autorités, des bilans diffusés chaque jour, rapidité à révéler le génome... Critiquées en 2003 lors de l'épidémie de Sras, les autorités chinoises multiplient les efforts pour communiquer au mieux sur le nouveau coronavirus. Mais leur campagne d'information reste toujours très contrôlée. Décryptage.

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"L'épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de se cacher." Le président chinois Xi Jinping, qui s'exprimait mercredi 29 janvier, a fait vœu de transparence face à la crise du coronavirus. En 2003, Pékin avait été pointé du doigt, accusé d'avoir dissimulé l'apparition du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras). Le régime cherche-t-il aujourd'hui à redorer son blason ?

À en croire les autorités américaines, la Chine semble jouer le jeu de la coopération en ce qui concerne ce nouveau coronavirus, le 2019-nCoV. Le président américain en personne a été le premier à tweeter, le 24 janvier, pour saluer "les efforts de Pékin et la transparence". Donald Trump a même remercié son homologue chinois, avec qui il a pourtant entretenu une guerre commerciale depuis 2018

La gestion de la crise sanitaire par les autorités chinoises a également été saluée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En visite à Pékin, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a rencontré Xi Jinping "pour discuter des prochaines étapes dans la lutte contre la nouvelle épidémie de coronavirus", a tenu à souligner dans un tweet "le sérieux avec lequel la Chine gère cette crise et la transparence dont font preuve les autorités".

"Un temps record" pour trouver le génome du coronavirus

Deux raisons permettent d'expliquer cet élan de confiance : la rapidité avec laquelle la Chine a alerté l'OMS sur la propagation du virus. En signalant l'épidémie le 29 décembre, Pékin a montré une réelle volonté de transparence avec les organismes internationaux. Mais c'est surtout l'efficacité des équipes chinoises pour trouver et publier l'intégralité du génome du virus qui a été saluée par la communauté scientifique.

Le régime chinois a-t-il su tirer les leçons de la précédente crise sanitaire du Sras ? "Il est difficile de parler de totale transparence quand il s'agit de la Chine, commente pour France 24 Carine Milcent, auteure d'un ouvrage en anglais sur le système de santé chinois, qui estime que le bilan définitif du Sras (774 morts, dont 349 sur le territoire chinois) reste largement "sous-évalué".

Mais il faut reconnaître "les multiples efforts du gouvernement chinois pour ne pas minimiser la gravité de la crise", reconnaît la spécialiste. "Surtout depuis que la communication de la crise a été reprise en main par les autorités nationales la semaine dernière", précise-t-elle.

Le régime a repris en main la stratégie de communication

Avant cela, les autorités locales ont été largement critiquées sur les réseaux sociaux pour avoir tardé à reconnaître la crise. "Les internautes leur ont reproché le manque de prise en charge de certains patients", ajoute pour sa part, le correspondant de RFI en Chine, Stéphane Lagarde.

Depuis, la stratégie de communication a changé : le Premier ministre Li Keqiang, en charge de la cellule de crise, a reconnu une situation "grave et compliquée". Tout comme le gouverneur de la province de Hubei, dont Wuhan est la capitale, Wang Xiaodong, qui a finir par admettre, jeudi, "une grave pénurie de matériel dans les hôpitaux de la région". De son côté, le ministre de la Santé diffuse deux fois par jour les bilans sur les décès et les cas de contamination.

La deuxième puissance économique mondiale "contrôle toujours les informations" qu'elle communique entre ce qui est diffusé à l'échelle nationale et sur le plan international, relève Carine Milcent. "En externe, Pékin choisit de montrer l'image d'un pays fort qui gère la crise sanitaire, mais en interne, elle doit gérer sa population, qui compte 1,4 milliard de personnes, et veut éviter toute hystérie", décrypte-t-elle.

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