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L'irréductible médecin français qui refuse de quitter Wuhan

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Wuhan (Chine) (AFP)

"Ce n'est pas un acte héroïque": la France évacue ses ressortissants de Wuhan, mais un médecin français refuse de céder à la panique et se fait un devoir de rester en Chine malgré l'épidémie de coronavirus.

Lorsqu'il reçoit l'AFP devant son domicile de la mégapole d'où s'est propagé le virus, le docteur Philippe Klein s'amuse de ses lunettes embuées: "Puis-je retirer mon masque pendant l'entretien?"

L'épidémie de pneumonie virale a déjà fait plus de malades que le Sras et 170 morts ont été enregistrés en Chine, presque tous à Wuhan et sa région, où le port du masque de protection est obligatoire.

La ville est bouclée depuis une semaine pour tenter d'enrayer la contagion, mais le médecin de 55 ans garde son calme.

Au moment où 11 millions d'habitants de la métropole sont confinés chez eux par crainte d'être contaminés et que l'inquiétude grandit dans le reste du monde, le Dr Klein n'est pas candidat au rapatriement.

"C'est un acte réfléchi", précise d'un ton posé celui qui dirige à Wuhan une clinique internationale et qui s'estime "plus utile ici" pour aider la communauté française de la ville.

Quelque 500 Français sont inscrits au consulat de Wuhan, ville où les constructeurs automobiles PSA et Renault comptent des usines et où les universités ont des programmes d'échange avec la France.

- "Dompteur de virus" -

A l'image du Dr Klein, tous n'ont pas fait le choix de partir, pour des raisons familiales ou professionnelles ou tout simplement parce qu'ils refusent de passer 14 jours en quarantaine à leur arrivée à Paris, soit la période maximale d'incubation présumée.

Le médecin, installé en Chine depuis six ans, conseille néanmoins "à tous les Français de quitter Wuhan" car les hôpitaux chinois, actuellement mobilisés contre l'épidémie de coronavirus, ne pourraient pas les accueillir en cas de problème de santé, aussi bénin soit-il.

En revanche, "je resterai jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de Français", assure à l'AFP ce père de quatre enfants, tout en balayant l'idée d'accomplir un "acte héroïque". "Mon travail ici consiste à aider les étrangers", dont certains peuvent être anxieux face à l'ampleur de l'épidémie, précise le natif de Metz, dans l'est de la France.

Le médecin appelle toutefois à relativiser les choses car, selon lui, la grippe "peut tuer jusqu'à 550.000 personnes sur la planète en une saison".

Alors partir pour une épidémie? Très peu pour Philippe Klein.

Du fait de sa profession, le médecin rappelle qu'il est "en permanence au contact des virus". "Vous imaginez un médecin qui serait hypocondriaque?", dit-il en souriant.

"Je suis un dompteur de virus" et en restant en Chine, c'est "comme si j'étais avec un lion dans sa cage".

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