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Municipales: au Havre, Philippe face à l'appel des "tripes"

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Paris (AFP)

Sera-t-il candidat ? Tête de liste ? A six semaines du scrutin, Edouard Philippe s'apprête à lever le voile sur ses ambitions aux élections municipales dans son port d'attache du Havre, où il est attendu vendredi soir en meeting.

S'il est un passage obligé de toute intervention publique du Premier ministre depuis deux ans et demi, c'est bien celui-ci: une référence au Havre malicieusement placée, toujours pour chanter les mérites de la ville. Une façon de nourrir un lien symbolique entre Matignon et la cité normande, dont il a été maire de 2010 à 2017 et qu'il a fait visiter avec un plaisir non dissimulé à son homologue russe Dmitri Medvedev en juin dernier.

En septembre, M. Philippe, à qui l'on prêtait des intentions à Paris, avait soudainement avivé l'hypothèse d'une nouvelle candidature.

"On n'est jamais candidat qu'à l'endroit où l'on est enraciné", avait-il martelé lors de l'Université de rentrée de La République en marche. "Et moi mes tripes, elles ont un goût d'eau salée", avait poursuivi celui dont l'arrière-grand-père, Louis, était docker cégétiste au Havre.

Parallèlement, M. Philippe ne cache pas son goût pour les municipales - "une élection qui me passionne", clame-t-il en privé - et le métier de maire - "l'échelon de l'action publique que je préfère"-.

Mais "assez taiseux" sur son choix, constate un proche, M. Philippe n'a pour l'heure rien laissé filtrer, rappelant qu'il se prononcerait au mois de janvier... quitte à en attendre le dernier jour !

Accaparé par la réforme des retraites, le Premier ministre n'a en réalité guère eu de fenêtre pour donner la solution de son équation personnelle.

Car sera-t-il en mesure de faire campagne, dans un agenda parisien chargé et un contexte social particulièrement tendu dans la ville ? Au Havre, les actions "port mort" se sont multipliées et selon une source policière, plusieurs centaines de personnes sont attendues vendredi pour un rassemblement en marge du meeting.

Elu au premier tour en 2014 avec 52% des voix, sous l'étiquette Les Républicains, le Premier ministre risquerait aussi de faire moins bien, malgré sa stature nationale.

Mais dans le même temps, M. Philippe pourrait avoir envie de regoûter à "cette part d'onction du suffrage universel", glisse un ami.

Car le Premier ministre n'a plus pour seul mandat électif que celui de conseiller municipal. Un maigre matelas pour celui qui est titulaire d'un bail par nature précaire à Matignon.

- Cloisonnement -

"Renoncer à l'idée d'être maire du Havre quand tout cela s'arrêtera, ca lui coûte beaucoup", glisse ce même proche. "Il y a une part de questionnement intime: est-ce qu'il n'a plus rien à raconter comme maire du Havre, est-ce qu'il a fini son travail, est-ce qu'il ne s'y projette plus ?", ajoute-t-il.

Dans les faits, M. Philippe a pris soin de garder des antennes actives au Havre, où il se rend souvent dans la plus grande discrétion, comme soucieux de cloisonner ses deux vies. Son implication s'est faite plus visible lorsqu'il s'est assuré personnellement de la démission de son premier successeur, Luc Lemonnier, pris dans la tourmente après la diffusion de photos très suggestives.

Depuis deux ans et demi, il "est revenu régulièrement (...) soit pour voir ses amis, pour se ressourcer, pour prendre le pouls de la population et aussi pour suivre les grands chantiers d'aménagements et d'urbanisme dont il était souvent à l'origine", témoigne ainsi auprès de l'AFP l'actuel maire (LR) Jean-Baptiste Gastinne.

L'édile sortant souligne aussi que son prédecesseur a accentué la fréquence de ses visites, au rythme d'une par semaine depuis le début de l'année afin de préparer le scrutin.

"Dans l'esprit des Havrais, Edouard Philippe est toujours le maire", observe la députée Agir Agnès Firmin-Le Bodo, en évoquant la "fierté" des habitants.

Reste toutefois une incertitude de taille qui nécessitera d'être éclaircie avant l'élection.

Si M. Philippe se lançait en tête de liste, il devrait en effet se plier à la règle de non-cumul et choisir entre Matignon et l'Hôtel de ville. La continuité ou l'appel du large.

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