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Ricardinho et le Mondial, opportunités en or pour développer le futsal français

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Asnières-sur-Seine (France) (AFP)

Avec l'arrivée prochaine de la star Ricardinho, le futsal va-t-il enfin exploser en France ? "Les planètes sont toutes alignées", espèrent les acteurs de la discipline, alors que les Bleus visent, à partir de samedi, une qualification pour le premier Mondial de leur histoire.

"On a la chance de ramener le meilleur joueur du monde, peut-être le meilleur de l'histoire. Ricardinho, c'est l'équivalent d'un Zidane, d'un Maradona, d'un Lionel Messi. On peut dire que c'est l'un des plus gros transferts qu'a connu le sport français", se félicite Sami Sellami, président d'Accs FC.

Créé en 2008, le club des Hauts-de-Seine, encore en 3e division il y a trois ans, a réussi un coup sportif et médiatique "énorme" en attirant dans ses ambitieux filets le "crack" portugais, élu à six reprises meilleur joueur du monde de futsal.

A Asnières-sur-Seine, l'Arena Teddy Riner et ses 1.000 sièges ont fait salle comble lors du match contre Nantes... à peine quelques jours après l'officialisation de son arrivée début janvier. Le premier effet Ricardinho ? "On n'avait jamais autant vu de monde et de médias", se réjouit une élue de la mairie, nouvel hôte du club originaire de Villeneuve-La-Garenne.

Et pour cause, contrairement au Brésil, à la péninsule ibérique ou aux pays d'Europe de l'Est, qui sont entrés dans l'ère du professionnalisme depuis l'après-guerre, la discipline souffre encore d'un manque d'exposition en France.

L'explosion du foot à cinq -- discipline qui n'a rien à voir avec le futsal malgré de nombreux points communs -- n'a pas arrangé les choses aux yeux du grand public.

- "Exposition médiatique" -

Sous l'impulsion d'une sélection qui a joué la première compétition internationale de son histoire à l'Euro en 2018, l'heure de l'éveil a enfin sonné pour les clubs français.

Longtemps dépendant "des subventions publiques", Acces FC entend "construire un nouveau modèle économique" digne d'une franchise NBA pour atteindre son objectif ultime : "être le premier club parisien à ramener la Ligue des champions".

"Mais on a six mois pour faire le travail de six ans, explique à l'AFP Sami Sellami. Avec l'exposition médiatique qu'on a provoquée, et les retombées qui vont suivre, c'est beaucoup plus simple pour nous de mobiliser des sponsors et créer une industrie qui va nous profiter à tous".

Avec un budget actuel oscillant "entre 400.000 et 600.000 euros", "il faudrait qu'on le multiplie par cinq l'an prochain, à 2,5 M EUR, pour assumer l'ensemble des charges et générer des revenus à investir", complète le dirigeant.

Mission impossible ? "Il y a des entreprises suffisamment visionnaires et intelligentes en France pour se dire que c'est le seul moment de l'histoire où il faut en être, espère-t-il. Dans 10 ans, ce sera trop tard".

A condition toutefois que les autres clubs de D1 soient "à la hauteur, dans tous les sens du terme (infrastructures, finances, niveau des joueurs)", des ambitions de la locomotive francilienne, estime Djamel Haroun, joueur de Garges et capitaine des Bleus.

- "Reproduire" le modèle du foot féminin -

"Si on donne un gros coup de projecteur et qu'on n'est pas assez carrés, il pourrait y avoir un incident qui va nous porter préjudice et faire renverser la vapeur", prévient-il.

Pour ancrer la discipline vers le professionnalisme, la Fédération française a lancé un plan de développement, calqué sur le modèle du foot féminin. "On reproduit un système qui marche et qui gagne", affirme à l'AFP Pierre Jacky, sélectionneur de l'équipe de France depuis 2004.

Outre la réhabilitation de plusieurs terrains spécifiques ou "la structuration" progressive des clubs de l'élite, la "3F" a achevé le lancement d'un pôle espoir à Lyon pour former les internationaux de demain.

Alors que le futsal (environ 30.000 licenciés) est le sport le plus pratiqué dans le milieu scolaire, avec plus de 180.000 jeunes inscrits à l'UNSS, les clubs comme Accs FC espèrent encore mieux : "créer les prochains Ricardinho français".

Avant d'en arriver là, les internationaux actuels aimeraient s'affranchir de leur statut amateur pour pouvoir se consacrer pleinement à leur carrière, car "le contrat fédéral futsal n'existe pas", déplore Pierre Jacky.

"Avec l'arrivée d'une ou deux vedettes dans le Championnat, et les résultats de l'équipe de France, peut-être qu'on va accélérer la manoeuvre pour que le futsal puisse bénéficier à peu près des mêmes contours réglementaires" que la D1 féminine, espère-t-il. La dernière étape importante à franchir.

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