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Financement libyen: l'homme d'affaires Alexandre Djouhri mis en examen pour corruption et écroué

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Paris (AFP)

Au lendemain de son arrivée de Londres à l'issue de deux ans de bataille judiciaire, l'homme d'affaires franco-algérien Alexandre Djouhri a été écroué vendredi après sa mise en examen par les juges anticorruption chargés de l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Réclamé depuis des années par la justice française, il a été remis jeudi soir aux autorités à son arrivée à l'aéroport de Roissy en provenance de Londres, où il avait été arrêté en janvier 2018 en vertu de mandats d'arrêt européens.

L'intermédiaire de 60 ans a été mis en examen vendredi, notamment pour "faux et usage de faux" et "corruption active", selon une source judiciaire.

Il l'a aussi été pour "corruption active d’agent public étranger", "complicité" et "recel de détournement de fonds publics par une personne chargée d'une mission de service public", ainsi que pour "blanchiment de corruption active et passive d’agent public étranger en bande organisée" et "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée".

Conformément aux réquisitions du parquet national financier (PNF), il a ensuite été placé en détention provisoire sur décision d'un juge des libertés et de la détention.

Alexandre Djouhri, proche de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin puis de l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy Claude Guéant, était très attendu par les magistrats français, les investigations ayant mis au jour plusieurs flux financiers suspects l'impliquant dans l'affaire libyenne.

Son nom est notamment apparu dans l'enquête pour la vente en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Côte-d'Azur, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien dignitaire du régime de Kadhafi.

- "Machination" -

Il est soupçonné d'en avoir été, derrière plusieurs prête-noms, le véritable propriétaire et de l'avoir cédée à un prix surévalué, permettant de dissimuler d'éventuels versements occultes du régime.

"C'est l'imaginaire et la machination, j'ai jamais eu de villa en prête-nom et j'ai jamais vendu de villa à Bachir Saleh", s'était-il défendu en mars dernier sur LCI.

Lors d'une perquisition à son domicile à Genève en mars 2015, la découverte d'un RIB au nom de M. Guéant avait aussi intrigué les magistrats.

Ceux-ci soupçonnent le bras droit de Nicolas Sarkozy d'avoir reçu 500.000 euros pour rétribuer diverses interventions en faveur de M. Djouhri, notamment auprès d'EADS (devenu Airbus group) à qui l'homme d'affaires aurait réclamé plusieurs millions d'euros de commission pour une vente d'avions à la Libye.

Claude Guéant a toujours soutenu que cette somme était le fruit de la vente de deux tableaux de peinture flamande mais n'a pas convaincu les juges qui l'ont mis en examen.

Déclenchée par la publication par Mediapart en 2012 d'un document censé prouver le financement libyen de la campagne de 2007, l'enquête a également conduit à la mise en examen pour "corruption passive" de Nicolas Sarkozy, qui conteste la légalité des investigations.

Ne parvenant pas à auditionner l'insaisissable "Monsieur Alexandre", son surnom dans le milieu politique, les magistrats avaient décidé d'émettre un premier mandat d'arrêt en décembre 2017, complété par de nouvelles charges en février 2018, après son arrestation en janvier à l'aéroport de Londres.

Hospitalisé après une série d'accidents cardiaques, l'homme d'affaires était assigné à résidence dans la capitale britannique après avoir payé 1,13 million d'euros de caution.

Après une longue procédure, une cour britannique a confirmé le 22 janvier la décision, rendue en février 2019 par le tribunal de Westminster, de le remettre à la France.

Mais M. Djouhri, qui a dénoncé plusieurs fois une justice "politique" et une "persécution", conteste la validité des mandats d'arrêt. La question doit d'ailleurs être débattue le 19 mars devant la cour d'appel de Paris.

Sa défense avance que la loi helvétique ne contraignait pas ce résident suisse à se rendre en France. Et que les convocations informelles des enquêteurs, par e-mail et par téléphone en juillet 2016, n'ont pas respecté la procédure.

"Ils ont fait une perquisition (à son domicile, ndlr), ils n'ont absolument rien trouvé donc ils ont inventé une fuite pour pouvoir m'arrêter à Londres", avait-il déclaré à la sortie du tribunal en février 2019.

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