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Municipales: Perpignan convoitée le même soir par le RN et les Verts

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Perpignan (AFP)

Convoitée à la fois par le Rassemblement national, qui veut en faire sa plus grosse prise, et par les Verts, Perpignan accueille le même soir vendredi deux meetings adverses, entre lesquels s'est glissée une réunion LREM.

Le député et candidat RN Louis Aliot sera soutenu à sa réunion publique par l'ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, gage d'une stratégie d'ouverture que le parti lepéniste entend suivre jusqu'à la présidentielle de 2022.

La candidate à la tête d'une liste EELV et PS Agnès Langevine recevra, elle, le soutien de la tête de pont des Verts, Yannick Jadot, marque d'une ambition pas seulement locale.

En cas de victoire du RN aux municipales fin mars, Perpignan serait, avec ses 122.000 habitants, la plus grande ville conquise par l'extrême droite depuis Toulon gagnée en 1995.

En 2014, Louis Aliot, ancien compagnon de Marine Le Pen, était arrivé en tête au premier tour avec 34,18% des voix devant le maire sortant LR Jean-Marc Pujol (30,67%), qui l'avait finalement emporté grâce au retrait du candidat socialiste.

- "Rassemblement local" -

Cette fois, l'amateur de rugby croit en ses chances de transformer ses deux essais de 2008 et 2014 face à une droite et une gauche divisées.

En tête des sondages, mais disposant d'un réservoir de voix plus faible que ses adversaires, il a favorisé un "rassemblement local" en abandonnant le logo RN et en accueillant sur sa liste des candidats extérieurs au parti, telle la conseillère municipale LR de Nîmes Patricia Fourquet.

Agnès Langevine est pour lui "la candidate par défaut" investie après la poussée des Verts aux européennes, minimise le député RN auprès de l'AFP.

"Le mouvement écologiste a été pendant des années l'idiot utile du PS et de la gauche", critique encore Louis Aliot, qui parie sur la division de ce camp, avec la liste LFI-PCF.

Le maire LR sortant est lui concurrencé par deux de ses anciens adjoints, dont Romain Grau, député du département et candidat LREM. Ce camarade de promotion à l'ENA d'Emmanuel Macron, qui avance déjà le scénario d'un "front républicain" au second tour, tiendra aussi meeting vendredi soir.

Du côté des Verts, Yannick Jadot a beau assurer que les municipales ne sont pas un scrutin à enjeu national, le parti écologiste entend à Perpignan marquer les esprits en vue de 2022.

"Macron ne peut plus se prévaloir d'être un rempart contre le RN, il pourrait perdre le match retour en 2022. Donc on doit dans les deux ans qui viennent proposer un projet alternatif", explique le secrétaire national d'EELV Julien Bayou à l'AFP.

- "Deux visions" -

A Perpignan vont s'affronter "deux visions radicalement opposées: les passions tristes, la défiance et le repli d'un côté, un projet positif, l'ouverture et la démocratie, une vision lucide sur le réchauffement climatique de l'autre", poursuit-il.

"Face à ce vote de repli, on veut un vote de solution", abonde Yannick Jadot.

Mais EELV prend aussi le risque de surjouer un affrontement à l'issue incertaine. Contrairement à des sondages plaçant EELV en tête à Strasbourg, Besançon ou encore à Lyon, au premier tour la candidate Agnès Langevine, alliée au PS, n'arrive selon l'Ifop en janvier qu'en troisième position à 14,5%, loin des 26% de M. Aliot et même des 18% de M. Pujol, qui recevra dans deux semaines la visite du patron de LR Christian Jacob.

Elle est même contestée à gauche par la liste PCF-LFI (13,5%) et au centre par le candidat LREM (14%). En revanche, si elle se maintient sur le podium, elle peut espérer profiter de désistements.

Début janvier à Paris, Agnès Langevine a admis le risque que "les écolos soient perçus comme des bobos" quand beaucoup de Perpignanais se débattent dans les difficultés sociales.

Même si "l'aspiration à la nature en ville est forte", "on doit sortir de notre zone de confort, ce qui m'oblige à me renforcer sur d'autres thématiques comme la sécurité ou l'identité", a-t-elle confié.

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