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Nouvelle vente de la bibliothèque du collectionneur Paul Destribats

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Paris (AFP)

Une nouvelle dispersion aux enchères de la fabuleuse bibliothèque du collectionneur Paul Destribats (1926-2017), passionné par le surréalisme, aura lieu mardi par la maison Christie's à Paris.

En juillet dernier, la première partie de cette vente aux enchères s'était conclue avec un résultat de plus de 8 millions d'euros.

Disparu en 2017, Paul Destribats fut un des plus grands collectionneurs de revues, livres et manuscrits avant-gardistes. Durant une soixantaine d'années, il avait constitué un des plus grands ensembles de documents consacrés aux grands courants artistiques du XXe siècle, connu sous le nom de "Bibliothèque des avant-gardes".

Cette bibliothèque est composée de 6.000 livres, tracts et manifestes. Pour disperser cet ensemble, trois vacations sont prévues d'ici cet été.

La deuxième vente, mardi, concerne 276 lots et mettra notamment en lumière deux figures majeures de l'histoire de l'édition: Ilia Mikhailovich Zdanevich (1894-1975), dit Iliazd et Pierre André Benoit (1921- 1993), dit PAB.

Ami des plus grands peintres et écrivains de son temps, PAB a publié des textes rares de Paul Claudel, René Char ou encore Marcel Jouhandeau illustrés par Braque, Miro, Picabia ou Picasso. Paul Destribats avait rassemblé quasiment tous ses livres dans sa collection.

Éditeur et graveur, Iliazd est connu pour sa relation tumultueuse avec Picasso durant plus de 30 ans. Il était d'une exigence inflexible que ce soit dans le choix des supports (parchemin, vélin, papiers rares...) ou celui des caractères et de la mise en page.

- Génie typographique -

Parmi les lots mis à l'encan, on trouve notamment une édition originale, publiée par Pierre André Benoit, du recueil "La Rose et le Chien" de Tristan Tzara, relié par Georges Leroux, avec un dessin original signé de Pablo Picasso (estimé entre 60.000 et 80.000 euros).

L'édition originale de "Maximiliana ou l'exercice illégal de l'astronomie", livre illustré fruit d'une collaboration étroite entre Max Ernst (eaux-fortes et écritures automatiques) et Iliazd (mise en page et typographie), retraçant la vie de l'astronome Guillaume Tempel, est estimée entre 50.000 et 70.000 euros.

Une maquette de "La maigre" d'Adrien de Monluc (1572-1646), mise en page par Iliazd et illustrée de gravures de Picasso, est estimée entre 80.000 et 120.000 euros. On trouve aussi au catalogue "Poésie des mots inconnus", qui groupe des poèmes d'une vingtaine d'auteurs et des gravures d'une vingtaine d'artistes dont Braque, Chagall, Giacometti, Matisse, Miro, Picasso. Ce livre extraordinaire, où le génie typographique d'Iliazd se donne libre cours, est estimé entre 60.000 et 80.000 euros.

Ancien militant trotskyste, bourlingueur (il avait notamment fondé après-guerre le "Club 36", boîte de nuit de Copacabana qui deviendra une référence pour la bossa nova), courtier en Bourse, Paul Destribats avait l'ambition de rassembler une "Bibliothèque des avant-gardes" afin de "conserver vivante la mémoire des vibrations intellectuelles et artistiques qui ont, dans tous les coins du globe, fait du XXe siècle l’un des plus grands siècles créateurs de l’histoire humaine".

Sa "Bibliothèque des avant-gardes" possédait aussi une collection unique de plus d'un millier de revues et périodiques, reflet des débats esthético-politiques qui ont enflammé le XXe siècle.

Classé Trésor national, ce fonds de revues a été acquis en bloc en 2005 pour 3,8 millions d'euros par le groupe Lagardère qui l'a ensuite offerte à la bibliothèque Kandinsky du Centre Georges Pompidou.

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