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Festival d’Angoulême : le Fauve d'or pour la BD "Révolution" de Grouazel et Locard

 Younn Locard (g) et Florent Grouazel ont remporté, le 1er février 2020, le Fauve d'or du Festival d'Angoulême pour le premier tome de "Révolution".
Younn Locard (g) et Florent Grouazel ont remporté, le 1er février 2020, le Fauve d'or du Festival d'Angoulême pour le premier tome de "Révolution". © Joël Saget, AFP

Florent Grouazel et Younn Locard ont remporté, samedi, le Fauve d'or du festival d'Angoulême pour "Liberté", le premier tome d'une trilogie consacrée à la Révolution.

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Le Fauve d’or de l’édition 2019 du festival d'Angoulême a été attribué, samedi 1er février, à Florent Grouazel, 33 ans, et Younn Locard, 36 ans, pour le premier tome de "Révolution". Édité chez Actes Sud/L'An 2, cet album ambitieux et remarquablement documenté (336 pages, 26 euros), sorti en janvier 2019, constitue la première partie d'une trilogie consacrée à la Révolution.

Les deux auteurs ont écrit et dessiné l'album en alternant leur rôle toutes les 15 ou 20 pages. Ce premier volet (baptisé "Liberté") retrace les événements survenus entre les mois de mai et octobre 1789 alors que la capitale est plongée dans le tumulte des États généraux et que l'opinion est encore soudée autour de la personne du Roi.

Ce sont donc deux styles qui cohabitent harmonieusement dans cet album. Les deux auteurs sont passés par l'institut Saint-Luc de Bruxelles, véritable pépinière de talents dans le domaine de la BD.

Mettant en scène Marat, Lafayette et Robespierre, "Révolution" raconte l’histoire passionnante de la Révolution française aux côtés du peuple.

On suit ainsi une gamine des rues, un journaliste pamphlétaire et agitateur, deux aristocrates jumeaux montés de leur Bretagne natale, une poissonnière des Halles, un philosophe anglais... Comment s'inventent dans le tumulte de nouvelles manières de vivre et de lutter ? Quel usage faire de soi-même au sein d'une telle époque ? Chacun des personnages essaie, jour après jour, dans l'irrésolution généralisée, d'apporter sa réponse personnelle à ces questions.

On ne peut évidemment pas s'empêcher de dresser un parallèle avec le mouvement des Gilets jaunes – qui n'avaient pas commencé quand les deux auteurs ont entamé leur fresque. Interrogés sur cette coïncidence, les deux dessinateurs expliquent qu'"il est troublant de voir à quel point ces mouvements se ressemblent... Des gens tentent de faire porter leurs revendications et personne ne les a vus venir". "On espère que ce livre résonne particulièrement aujourd'hui", a déclaré Younn Locard en recevant le Fauve d'or aux côtés de Florent Graouzel.

Précarisation de la profession

Pour son édition 2019, le Festival d’Angoulême s’est transformé en caisse de résonance du climat économique et social actuel en France. La 47e édition du festival de BD, qui s'achève dimanche, a notamment été marquée par la fronde des auteurs de bande dessinée qui dénoncent la "précarisation" de leur profession alors que 2020 a été proclamée "année de la BD".

Les dessinateurs et scénaristes estiment être "les lésés du miracle économique de l'édition". Le marché français de la bande dessinée a battu un nouveau record en 2019, grâce à un bond de 11 % de ses ventes mais "plus de 50 % des autrices et auteurs professionnels sont en dessous du smic, plus de 30 % en dessous du seuil de pauvreté", a fait remarquer cette semaine le collectif "Auteurs et autrices en action".

Cette édition a également été marquée par la polémique née de la publication d'une photo d'Emmanuel Macron au côté du dessinateur Jul. Sur cette image, le chef d'État en visite au festival tient un t-shirt sur lequel un Fauve (la récompense attribuées à Angoulême) est représenté éborgné. Sous le dessin est écrit : "LBD 2020", une référence aux lanceurs de balles de défense et à l'acronyme choisi pour l'année de la BD (BD 2020).

L'image a enflammé la toile et fait réagir l'opposition de gauche et de droite. Deux des principaux syndicats de policiers se sont insurgés auprès de l'AFP. "C'est scandaleux", a réagi Yves Lefebvre, secrétaire général de l'Unité-SGP-FO. Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance, a qualifié l'épisode de "pire signal dans le contexte actuel de chaos".

Interrogé un peu plus tard par la presse, Emmanuel Macron a dit qu'il "récusait le terme de violences policières", assurant que "la violence est d'abord dans la société". "Néanmoins de là où je suis je dois défendre la créativité, la liberté d'expression, y compris l'insolence et y compris la création d'artistes qui disent des choses (...) avec lesquelles je ne suis pas en accord", a-t-il ajouté.

Avec AFP

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