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Nouveau round judiciaire pour les Balkany, jugés en appel pour blanchiment

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Paris (AFP)

Condamnés en première instance pour un "indéniable enracinement dans la délinquance", le maire de Levallois-Perret Patrick Balkany et son épouse et première adjointe Isabelle seront rejugés à partir de lundi à Paris pour blanchiment aggravé de fraude fiscale.

Le couple est soupçonné d'avoir caché 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles et Dar Guycy à Marrakech: une affaire devenue "un symbole de l'impunité des puissants" pour l'accusation.

L'ancien baron des Hauts-de-Seine, 71 ans, incarcéré depuis sa condamnation à quatre ans de prison pour fraude en septembre, est très affaibli et pourrait ne pas être en état d'assister à son procès.

Fin janvier, la cour d'appel a pour la troisième fois refusé sa mise en liberté, mettant en avant le "risque persistant de fuite" d'un prévenu qui a lui-même reconnu avoir dissimulé des avoirs considérables à l'étranger.

Ulcérée, son épouse Isabelle, a accusé la justice de "vouloir tuer (son) époux", qui a perdu plus de 24 kg en 4 mois et été hospitalisé presque sans discontinuer depuis la mi-décembre.

En première instance, le tribunal avait condamné l'édile à cinq ans de prison pour blanchiment, avec incarcération immédiate, mais l'avait relaxé du délit de corruption. Isabelle Balkany s'était vu infliger quatre ans d'emprisonnement, mais sans mandat de dépôt, eu égard à sa santé fragile.

Tous deux avaient été condamnés à dix ans d'inéligibilité et le tribunal avait ordonné la saisie de leurs biens et avoirs, notamment leur moulin à Giverny (Eure).

Cette lourde condamnation venait s'ajouter aux peines de prison et d'inéligibilité déjà infligées dans le volet fraude fiscale de leur dossier.

- "Offshore panaméenne" -

Dénonçant des peines "monstrueuses", les Balkany avaient aussitôt fait appel. Et quelques heures après l'incarcération du maire, sa première adjointe reprenait les rênes de la mairie, préparant tambour battant les municipales de mars.

La tournure de leur procès en appel pour fraude en décembre a finalement sonné le glas du règne de plus de 30 ans des Balkany sur l'ancienne cité rouge des Hauts-de-Seine.

Au nom de "l'exigence accrue de transparence dans la vie publique", le parquet général a requis le 18 décembre prison ferme et inéligibilité contre les prévenus et "l'exécution provisoire" de cette peine complémentaire.

Devançant l'éventualité d'une exécution provisoire - la cour d'appel doit rendre son arrêt le 4 mars -, les Balkany ont annoncé le jour même qu'ils renonçaient à se représenter dans leur ville, non sans dénoncer la "confiscation" du suffrage universel par la justice.

Ce sont donc deux citoyens bientôt retraités qui seront jugés devant la cour d'appel de Paris, à partir de lundi et jusqu'au 19 février, pour répondre cette fois de blanchiment.

S'ils ont concédé quelques "fautes" - Isabelle Balkany a admis avoir acquis grâce à un héritage familial la villa antillaise -, ils ont persisté à nier détenir le riad. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales "PB", des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany.

En première instance, le tribunal a relevé la complexité du montage entourant l'acquisition du riad marocain, acheté en janvier 2010 par une SCI marocaine, elle-même détenue par une société-écran panaméenne aux titres au porteur.

Il a suivi la piste de l'argent et établi que 5 millions de dollars, versés par un magnat belge du cuivre installé au Congo-Kinshasa sur le compte d'une société offshore, avaient en partie servi à payer le riad, au profit des Balkany.

Les juges ont sanctionné tous les auteurs de blanchiment dans ce jeu de piste offshore, condamnant à de la prison avec sursis l'avocat Arnaud Claude et Jean-Pierre Aubry, des fidèles du maire de Levallois, ainsi qu'Alexandre Balkany, le fils du couple. Aucun n'a fait appel et leurs condamnations sont donc définitives.

Le tribunal ayant écarté tout "pacte de corruption" entre le maire et le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber, il a totalement relaxé ce dernier.

S'ils étaient condamnés, les Balkany pourraient se pourvoir en cassation. Ce recours serait suspensif, sauf si la cour d'appel délivrait des mandats de dépôt à l'audience et si l'exécution provisoire était prononcée.

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