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Après les accusations de viol dans le patinage, Gailhaguet attendu au ministère des Sports pour s'expliquer

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Paris (AFP)

La grande explication. Cinq jours après les accusations de violences sexuelles dans le patinage artistique, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, reçoit lundi après-midi le président de la fédération Didier Gailhaguet, inamovible à son poste mais désormais sous pression.

Principal sujet de ce face-à-face, qui risque d'être houleux, le rôle que la fédération française des sports de glace (FFSG) a pu avoir dans le maintien, dans les années 2000, de l'entraîneur Gilles Beyer, accusé trente ans après les faits de viol par la championne Sarah Abitbol, mais déjà soupçonné d'attitudes peu appropriées à l'époque.

Dans son livre (Un si long silence, Plon), les accusations d'Abitbol portent sur les années 1990 à 1992, une période prescrite.

Gilles Beyer, champion de France 1978, est alors un entraîneur de haut niveau, avant de succéder en 1998 à Gailhaguet au poste de directeur des équipes de France, quand ce dernier devient pour la première fois président de la FFSG.

Mais au début des années 2000, il est visé par la plainte d'une autre patineuse, classée sans suite, puis au centre d'une enquête administrative, menée par des inspecteurs généraux de la jeunesse et des sports, après un signalement de parents.

Dès mercredi soir, le ministère des Sports a fait savoir que Roxana Maracineanu attendait que Didier Gailhaguet lui explique comment Beyer "a pu se retrouver dans l'écosystème", alors qu'"il est tout à fait improbable que la fédération n'ait pas eu connaissance des mesures prises à son encontre".

- "arme atomique" -

Dans une déclaration à l'AFP vendredi, Gilles Beyer, 62 ans, a concédé des "relations intimes" et "inappropriées" avec Sarah Abitbol, en lui présentant des excuses que cette dernière a immédiatement refusé. Dans L'Equipe, l'ancien entraîneur a aussi été accusé par une autre ancienne patineuse, Hélène Godard, d'avoir eu des rapports sexuels avec elle, alors qu'elle avait 13 et 14 ans, à la fin des années 70.

"J'attends de lui qu'il assume", a affirmé la ministre à propos de Didier Gailhaguet, lundi matin, en déplacement à Créteil. Sa prédécesseure, Marie-George Buffet, a appelé l'insubmersible président de la fédération, à la démission. Sur internet, une pétition réclamant aussi son départ avait été signée plus de 3.000 fois lundi à la mi-journée.

Concrètement, Roxana Maracineanu ne peut pas limoger Gailhaguet, 66 ans, mais elle a rappelé que les fédérations recevaient de l'argent public et a aussi évoqué "l'arme atomique", celle du retrait de la délégation de l'Etat, une mesure rarissime qui mettrait au ban la FFSG.

Mais dans le milieu sportif, beaucoup pensent que Gailhaguet, à qui le ministère a refusé qu'il soit accompagné de son avocat lundi, en a vu d'autres.

L'ancien patineur, qui fut l'entraîneur de Surya Bonaly (1985-92), est devenu président de la fédération en 1998, l'année où Roxana Maracineanu devenait la première Française championne du monde de natation. Depuis, treize ministres et secrétaires d'Etat aux Sports se sont succédés.

Ce n'est pas la première fois que Didier Gailhaguet est dans le collimateur. Eclaboussé par une affaire de tricherie aux JO de Salt Lake City en 2002, il avait été interdit de toute fonction dans le patinage international pendant trois ans. Il avait également dû démissionner en 2004 de la présidence de la FFSG, après un rapport de la Cour des comptes dénonçant des dérives de gestion, mais il avait retrouvé la tête de la fédération en 2007.

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