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REPORTAGE

Caucus démocrates : le suspense, et l'immense espoir de Bernie Sanders

Des partisans de Joe Biden s'impatientent face aux résultats qui n'arrivent pas, mardi 4 février 2020.
Des partisans de Joe Biden s'impatientent face aux résultats qui n'arrivent pas, mardi 4 février 2020. REUTERS - IVAN ALVARADO

Après des mois de campagne intensive, les démocrates de l'Iowa ne connaîtront les résultats des caucus que mardi. Les partisans de Bernie Sanders, persuadés de leur victoire, commencent à s'impatienter, tandis que l'ombre d'une performance décevante pèse sur la campagne de Joe Biden.

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"Le peuple uni ne sera jamais vaincu !" Il est près d’une heure du matin dans le sud de Des Moines, en Iowa, et une dizaine de jeunes surexcités chantent et dansent devant un hôtel Holiday Inn. Leur candidat, Bernie Sanders, a gagné, ils en sont convaincus. Lui-même a revendiqué la victoire à ce premier caucus démocrate en citant ses propres chifffres. Sauf qu’aucun résultat officiel n’est encore tombé et qu'ils ne devraient être connus que plus tard dans la journée de mardi.

Peu importe le gagnant, lundi soir aurait dû être une fête pour la gauche. Celle du début du cycle électoral, de la première étape menant à la défaite tant espérée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Les partisans de Bernie Sanders, le socialiste qui promet une révolution politique, sont certains que les chiffres confirmeront leur intuition. L’attente ne fait que nourrir leur exaspération.

Une appli mobile à l'origine du couac

C’est une application mobile censée comptabiliser tous les résultats qui serait à l’origine du couac. "C’est le bordel", grommelle un supporter du sénateur du Vermont, qui blâme l’incompétence des organisateurs. D’autres sont davantage sceptiques et versent même dans la théorie du complot : "Ils n’étaient pas prêts pour une participation aussi massive. Et maintenant ils font tout ce qu’ils peuvent pour retarder la publication des résultats", dénonce Adam, 29 ans, un bénévole de New York venu faire campagne pour Bernie Sanders.

Ces derniers jours, le camp Sanders avait prévenu que l’"establishment" du parti chercherait à lui mettre des bâtons dans les roues. Les événements de la nuit ne font que renforcer leur méfiance. Daniel, un ingénieur venu de Californie, préfère se fier aux résultats tombés au compte-goutte, bureau de vote par bureau de vote. Selon lui, "c’est le début d’un effet boule de neige. Les chances de Joe Biden sont en train de s’effondrer. Le fait que plusieurs bureaux aient éliminé sa candidature dès le premier tour est incroyable."

C’est un scénario que France 24 a en effet pu observer lundi soir dans un bureau de vote du centre de Des Moines, une zone à la population jeune et progressiste. Ici, c’est Bernie Sanders qui est arrivé en tête, suivi du jeune modéré Pete Buttigieg et de la sénatrice progressiste Elizabeth Warren. L’ex-vice-président Joe Biden, lui, n’a pas recueilli les 15 % des voix nécessaires pour être retenu au premier tour.

Certes, les bureaux de vote du centre-ville ne sont pas représentatifs de la population de l’Iowa. Mais le scénario a semblé se reproduire dans plusieurs endroits, si bien qu’une vague de pessimisme pesait sur la performance de Joe Biden.

Ambiance de folie chez Buttigieg

C’est pourtant lui qui est favori au niveau national, selon la majorité des sondages de ces derniers mois. Un échec dans l’Iowa serait un mauvais coup au moral, d’autant plus que le New Hampshire, le prochain État à voter mardi 11 février, semble déjà acquis à Bernie Sanders.

Joe Biden a fait une apparition lundi soir devant ses partisans à Des Moines. Le candidat s’est montré souriant et a répété ses thèmes de campagne - l’unité, la morale, la guérison de la nation -, même si l’ambiance dans la salle était mitigée. "Il faut lui laisser du temps pour monter en puissance", relativise James A Benzoni, un partisan rencontré la veille par France 24 et croisé à nouveau lundi soir.

Rien à voir avec l’énergie qui se dégageait lors de la soirée électorale de Pete Buttigieg, où des supporters par dizaines ont hurlé son nom. Lui-même a semblé donner un discours de victoire : "Ce soir, un espoir improbable est devenu une réalité indéniable", a-t-il lancé à la foule extatique. Encore une fois, sans résultats officiels. Mais les estimations des différents bureaux de vote ont pu lui donner une indication de sa bonne performance. Daniel Palmer, un supporter, espère que ces débuts positifs "vont l’emmener jusqu’à la Maison Blanche". À ce stade, tout est encore possible.


 

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