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Coronavirus: à Aix, mistral et Grande Peste de Marseille alimentent les peurs

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Aix-en-Provence (AFP)

Entre évocations de la Grande Peste de Marseille de 1720 et crainte de voir le mistral propager le virus, peur et méfiance sont bien ancrées chez certains à Aix-en-Provence, où plusieurs rapatriés de Wuhan, épicentre de l'épidémie du nouveau coronavirus, sont en quarantaine depuis dimanche.

"A l'époque de la Grande Peste, les gens, on les mettait en quarantaine sur des îles", assène Christian, un ancien gendarme, en proposant le centre de vacances des armées sur l'île de Porquerolles (Var).

Dans la salle polyvalente du quartier des Milles, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), une centaine de personnes, majoritairement des retraités, sont venues mardi matin à la réunion d'information demandée par la maire de la ville, Maryse Joissains.

Question principale chez la plupart des habitants: pourquoi près de 80 des rapatriés de Wuhan arrivés dimanche en France ont-ils été placés en quarantaine à l'Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers d'Aix-les-Milles, "au sein d'un bassin de vie de 100.000 habitants", comme le souligne Martine, une septuagénaire?

"Ce n'est pas comme si la Méditerranée manquait d'îles", insiste l'ancien gendarme: "Ou sinon il y a des centres de vacances au coeur de la Crau ! Ou le plateau d'Albion !"

- "Droit de retrait" -

Mais la solution des îles est balayée par M. Dartout: "Symboliquement, cela n'aurait pas été bon", répond le préfet, en évoquant "l'utilisation de l'archipel du Frioul au XVIIIe siècle". C'est là, en face de Marseille, qu'étaient placés les équipages en quarantaine, après la Grande Peste qui avait fait près de 100.000 morts en Provence.

Une responsable de l'entreprise d'hélicoptères Guimbal est inquiète de la proximité de son entreprise avec les locaux de l'Ensosp. Parmi ses 65 salariés, plusieurs envisagent de faire valoir leur droit de retrait, pour fuir le virus.

"Vous pouvez rassurer vos salariés, Madame, mais surtout qu'ils ne s'approchent pas de l'Ecole", répond le préfet, provoquant la réaction interloquée de plusieurs habitants qui regrettent aussitôt "des informations contradictoires".

D'autres évoquent le vent, s'inquiètent que des "miasmes" soient disséminés par le mistral. Le patron de l'ARS tente d'expliquer: "Le virus n'est absolument pas volatil, il vit dans l'eau (NDLR: la salive et les postillons par exemple), l'air ne peut pas le transporter".

L'argument ne fait pas mouche: "Et de l'eau, il n'y en pas peut-être à Carry-le-Rouet?", s'exclame une femme, évoquant cette autre commune des Bouches-du-Rhône où plus de 200 rapatriés de Wuhan sont en quarantaine, dans un centre de vacances, juste au bord de la Grande Bleue...

Une autre femme, elle, s'inquiète des déchets des personnes en quarantaine. "Ils sont évacués dans des containers spéciaux", répond M. Dartout, en rappelant que la durée de vie du virus hors du corps humain est "très brève, de l'ordre de quelques heures seulement".

M. de Mester tente de remettre les choses en perspective: "Le problème actuellement en France, c'est la grippe, avec plus de 10.000 morts par an. Alors que le coronavirus n'en fera vraisemblablement aucun. Et en plus son taux de létalité est inférieur, avec 2 à 2,5% contre plus de 4% pour la grippe".

A la fin de la réunion, Auguste, septuagénaire, semble rassuré. Il sera pourtant là, lundi prochain, pour la prochaine réunion d'information promise par le préfet.

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