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Coronavirus : le quotidien du Dr Klein, médecin des expatriés français de Wuhan

Le médecin chef de la clinique internationale de Wuhan Philippe Klein n'a pas cédé à la panique.
Le médecin chef de la clinique internationale de Wuhan Philippe Klein n'a pas cédé à la panique. AFP - HECTOR RETAMAL

Cinq jours après l'évacuation des ressortissants français basés à Wuhan, la ville épicentre du coronavirus vit toujours sous cloche. Parmi les 11 millions d'habitants, l'irréductible médecin français des expatriés Philippe Klein a décidé de rester sur place pour continuer de s'occuper de ses patients.

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Cela fait six ans que le médecin français Philippe Klein a posé ses valises à Wuhan, cette ville chinoise épicentre du coronavirus. Quand les autorités françaises ont annoncé la semaine dernière le rapatriement de ses ressortissants en France, il n'était pas question pour lui de plier bagage. En un quart d'heure, sa décision était prise. "Je suis bien plus utile ici" pour aider la communauté française, assure le médecin chef de la clinique internationale de cette ville de 11 millions d'habitants. Entre deux consultations, il raconte, à France 24, son quotidien.

Selon un dernier bilan des autorités chinoises, plus de 20 000 personnes sont contaminées au coronavirus et 425 en sont mortes en Chine occidentale. Quelle est la situation médicale sur place ? 

Nous sommes dans la phase ascendante de l'épidémie. On constate une propagation linéaire et non exponentielle, en raison notamment des mesures de confinement mises en place dans la ville depuis mi-janvier. Compte tenu de la période d'incubation de douze jours, le pic de l'épidémie doit arriver autour du 8 février. 

Comment le monde hospitalier chinois gère cette crise sanitaire ? 

On compte de plus en plus de lits d'hôpitaux opérationnels. Notamment avec l'ouverture du fameux hôpital construit en dix jours. Il accueille une cinquantaine de patients, ceux qui présentent les formes les plus sévères des infections et qui requièrent une prise en charge importante. Du côté du personnel, les équipes médicales sont en effectif suffisant et sont particulièrement motivées. Il faut saluer leur courage.

En revanche, les hôpitaux chinois font face à un manque d'équipements notamment des protections pour le personnel médical, ce qui les limite au niveau opérationnel. Cela peut paraître paradoxal puisque les fabricants de matériels médicaux (masques, équipements de protection) sont chinois mais Pékin doit désormais racheter en urgence les stocks aux pays étrangers.

>> À lire : Comment le coronavirus de Wuhan peut contaminer l’économie

Prenez-vous des mesures particulières lors de vos consultations ?

Pour éviter de contaminer mes patients, je privilégie les visites au domicile des expatriés. Avant chaque consultation, j'enfile dans ma voiture ma protection complète, avec mes gants et mon masque. J'ai pu me réapprovisionner grâce au stock transporté par les avions français en charge de l'évacuation des expatriés français.

Reste-t-il beaucoup de Français aujourd'hui à Wuhan ?

Il n'en reste que quelques dizaines. On est dans une ville fantôme où chacun reste cloîtré chez soi. Les grandes entreprises ont fait évacuer tous leurs employés avec leurs familles. Ma femme et mon fils sont rentrés dans le deuxième avion. Cela a été un choix très difficile mais en tant que médecin, je prends le risque de rapporter des virus à la maison. Vu le contexte médical, il vaut mieux éviter d'être confronté à des problèmes de santé et de devoir aller dans des hôpitaux aujourd'hui surchargés.

Quelles sont les personnes les plus à risque ?

Les personnes décédées du coronavirus avaient, à la base, une santé fragile. Soit elles étaient âgées, soit elles présentaient d'autres pathologies. Je suis actuellement des jeunes étrangers infectés au coronavirus mais leur évolution est favorable. C'est un signe que le printemps et les beaux jours reviendront à Wuhan.
 

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