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Liban: le seul quotidien anglophone suspend son tirage papier

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Beyrouth (AFP)

Le seul quotidien anglophone au Liban, le Daily Star, a annoncé mardi la suspension "temporaire" de son édition papier, dernier revers en date pour la presse qui a vu les fermetures se multiplier ces dernières années, sur fond de grave crise économique.

Le site Internet du Daily Star, qui continue de fonctionner, a expliqué que la suspension était due "aux défis financiers auxquels la presse libanaise est confrontée et qui ont été exacerbés par une détérioration de la situation économique dans le pays".

Le quotidien est en partie propriété de la famille de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, qui avait déjà annoncé en septembre dernier la suspension de sa chaîne de télévision Future TV.

La suspension au Daily Star intervient après "un quasi-arrêt des revenus publicitaires au dernier trimestre de 2019 et en janvier de cette année", explique son site Internet.

Ces derniers mois, des employés du quotidien s'étaient plaints de ne pas être payés. Un journaliste, Benjamin Redd, avait annoncé sur Twitter en décembre qu'il avait été remercié du journal alors qu'il aidait à organiser une grève, les employés n'ayant pas reçu jusqu'à six mois de salaires.

Le Daily Star a été fondé en 1952 par le journaliste libanais de renom Kamel Mroué, également propriétaire et ancien rédacteur en chef de l'historique quotidien panarabe Al-Hayat, créée en 1946.

En août, le Daily Star avait publié une édition vide d'articles pour dénoncer les maux chroniques qui pèsent sur le pays.

Sur dix pages, le quotidien énumérait l'"impasse" politique actuelle, la "pollution", le "chômage", la prolifération des "armes illégales" et une "dette publique" colossale.

Le Liban est agité depuis le 17 octobre par un mouvement de contestation inédit contre la classe politique, accusée de corruption et d'incompétence.

Les contestataires mettent notamment en cause la responsabilité des dirigeants dans la crise économique secouant le pays depuis plusieurs mois et qui s'est aggravée depuis le début du mouvement.

Durant des décennies, le Liban était réputé au Moyen-Orient pour sa presse florissante, mais ces dernières années, le pays en crise a vu se succéder les fermetures de plusieurs titres prestigieux.

En 2018, Al-Hayat avait fermé son bureau à Beyrouth. Il avait été précédé fin 2016 par le quotidien As-Safir, lancé en 1974 et qui avait accueilli dans ses colonnes les plus grands intellectuels arabes.

D'autres quotidiens de renom, comme An-Nahar, ont procédé à des licenciements de masse ou à une suspension du paiement des salaires pour éviter le même sort.

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