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Twitter va retirer ou étiqueter les contenus "falsifiés" et "nocifs"

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San Francisco (AFP)

Twitter a annoncé mardi se lancer dans la lutte contre les photos et vidéos "falsifiées" dans la foulée des autres réseaux sociaux, sommés de prendre leurs responsabilités, notamment pendant la campagne pour la présidentielle américaine.

La plateforme entend se concentrer sur les contenus modifiés (montages vidéos ou audio, images éditées) qui visent à tromper le public ou risquent de nuire à des personnes, en incitant à la violence ou en portant atteinte à leur liberté d'expression, par exemple.

Les tweets tombant dans ces catégories seront retirés ou étiquetés avec un avertissement, à partir du mois de mars. Le réseau pourra aussi réduire la visiblité des messages ou ajouter du contexte.

La plupart des grands réseaux sociaux ont mis en place des mesures combinant intelligence artificielle et ressources humaines pour lutter contre la désinformation, des fausses nouvelles aux "deep fakes" (des photos ou vidéos truquées hyper-réalistes, ndlr).

Ils réagissent notamment à la pression des autorités européennes et américaines, alors que des campagnes de manipulation menées notamment sur Facebook en 2016 ont tenté d'influencer l'opinion lors de scrutins majeurs, comme l'élection présidentielle aux Etats-Unis ou le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni.

"Cette nouvelle règle s'ajoute aux nombreuses autres règles existantes" pour réguler Twitter, rappelle Yoel Roth, responsable de l'intégrité de la plateforme, lors d'une conférence de presse. "Nous empêchons par exemple depuis des années la propagation des images et vidéos de contenus sexuels fabriqués ou falsifiés, très répandus sur internet".

Le réseau des gazouillis cible les truquages, notamment audio ou vidéo, mais ne s'attaque pas directement aux messages écrits fallacieux, alors qu'il a par ailleurs interdit les publicités à caractère politique.

Un montage vidéo, comme celui qui prêtait au candidat démocrate Joe Biden des propos racistes en début d'année, ne devrait plus avoir droit de cité sur Twitter. L'un des tweets de partage de cette vidéo avait été vu plus d'un million de fois.

- Deux poids deux mesures -

"Que vous utilisiez des outils avancés d'apprentissage automatique ou une appli pas chère pour ralentir les vidéos, nos règles s'appliqueront aux contenus et non pas à la façon de les fabriquer", a indiqué Yoel Roth.

Pour repérer les contenus potentiellement problématiques, les équipes de Twitter dans le monde comptent notamment sur les signalements, même si "nous voulons réduire le fardeau des utilisateurs", a précisé Yoel Roth.

Il a admis que les images et vidéos satiriques risquaient de leur donner du fil à retordre. "Si nous nous trompons, il y aura une procédure d'appel", précise le réseau.

YouTube, la plateforme vidéo de Google, a annoncé lundi des mesures similaires sur les "contenus manipulés ou falsifiés", "dans le but de tromper les utilisateurs" et "qui posent un risque flagrant de dommages".

Facebook, de son côté, permet toujours les publicités politiques, et les exempte même de son système de vérification des faits.

L'AFP participe dans plus de 30 pays et 10 langues au "Third party fact-checking", programme de vérification par des médias développé par Facebook. Avec ce programme, qui a démarré en décembre 2016, Facebook rémunère une soixantaine de médias à travers le monde, généralistes ou spécialisés, pour l'utilisation de leurs "fact-checks" sur sa plateforme et sur Instagram.

Sur le réseau social dominant, si une information est diagnostiquée comme fausse ou trompeuse par l'un de ces partenaires, les utilisateurs sont moins susceptibles de la voir apparaître dans leur fil d'actualité. Et si ceux-ci la voient ou tentent de la partager, la plateforme leur suggère la lecture de l'article de vérification. Il n'y aucune suppression de publications. Les médias participants sont totalement libres dans le choix et le traitement de leurs sujets.

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