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Un deuxième camp de plus de 400 migrants évacué dans le nord-est de Paris

Opération d'évacuation du camp de migrants de la Porte de la Villette à Paris, le 4 février 2020.
Opération d'évacuation du camp de migrants de la Porte de la Villette à Paris, le 4 février 2020. © Wasi Mohsin/InfoMigrants
5 mn

Une semaine après le démantèlement d’un camp de plus de 1 400 migrants à la Porte d’Aubervilliers, à Paris, un second campement de migrants de près de 400 personnes, porte de la Villette, a été évacué, mardi, par la préfecture.

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Plus de 400 migrants ont été évacués d’un campement insalubre de migrants à la porte de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, mardi 4 février. Cette opération de police, qui a eu lieu entre 6 h et 8 h, répond à la promesse gouvernementale de vider le nord-est de la capitale française de ces camps aux allures de bidonville.

Elle fait suite à une précédente évacuation la semaine dernière. Le 28 janvier, plus de 1 400 personnes avaient déjà été délogées d'un bidonville en bordure du périphérique parisien, le tout encadré par un important dispositif policier.

La préfecture veut empêcher les camps de se reformer

Cette nouvelle opération d'évacuation de la Porte de la Villette, où des centaines de personnes avaient posé leurs tentes, notamment au bord du canal, s’est soldée, mardi, par la "mise à l’abri" de "427 personnes dont 4 femmes", a indiqué la préfecture de la région Île-de-France (Prif).

Les 427 personnes mises à l'abri ont été emmenées dans des cars vers des gymnases et des centres d'accueil franciliens, où "il restait de la place" après l'évacuation de la Porte d'Aubervilliers, précise-t-on de même source.

"Il n'y a plus de campements, c'était l'idée. Et la police va surveiller ce site pour éviter les réinstallations comme elle le fait pour la Porte d'Aubervilliers et la Porte de la Chapelle", a souligné la préfecture.

Aux termes de l'arrêté pris par la préfecture de police pour l'évacuation de la Porte de la Villette, la situation était explosive pour ces migrants "répartis dans 266 tentes ou abris de fortune" dans une "situation sanitaire fortement dégradée sur les sites les accueillant, qui sont jonchés de déchets et d'immondices, parcourus de rats et dégagent une odeur pestilentielle et nauséabonde d'urines et d'excréments".

Les conditions d'accueil en France dans le viseur

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, s'était engagé en novembre dernier à faire évacuer tous les campements de migrants du nord-est parisien avant fin 2019. La préfecture de police a depuis opéré un tour de vis sécuritaire, en implantant d'imposants dispositifs policiers sur tous les sites évacués pour empêcher les reformations de camps, à commencer par la Porte de la Chapelle, depuis le 7 novembre. "Nous ne recommencerons pas un cycle infini d'évacuations et de réinstallations", avait affirmé la semaine dernière le préfet de police Didier Lallement.

Pour le maire du 19e arrondissement, François Dagnaud, "c'est un soulagement pour les personnes entassées dans ce camp et pour les riverains, car la situation était très lourde à gérer pour les riverains". Les migrants étaient pour la quasi-totalité des hommes seuls originaires notamment d'Érythrée et de Somalie, a-t-il précisé.

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Publiée par Solidarité migrants Wilson sur Lundi 3 février 2020


"J'aimerais que ce soit la fin des camps, mais ça va se reconstituer", pronostique quant à elle Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris en charge des réfugiés, et qui a vu, mardi, la 61e importante opération de mise à l'abri depuis 2015. Ce n'est pas la première fois, dit-elle, que la fin de ces campements est promise, "mais ce sont les [élections] municipales, et c'est un vrai sujet pour les riverains": "Je pense que les candidats LREM du 18e et du 19e arrondissements réclamaient l'opération" avant l'élection "à cor et à cri".

Selon François Dagnaud, il y a "malheureusement des raisons d'être vigilant car les mêmes causes produisant les mêmes effets, on peut craindre que de nouveaux campements se reproduisent tant que les conditions de premier accueil en France et la gestion administrative des personnes présentes sur le territoire restent les mêmes".

 Avec AFP

 

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