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À Tahiti, le Festival du film océanien permet au continent lointain de se raconter

La 17e édition du festival international du film océanien (FIFO), qui permet à des réalisateurs de mettre en avant leurs sociétés et leurs cultures, a lieu du 3 au 9 février, à Papeete (Tahiti).
La 17e édition du festival international du film océanien (FIFO), qui permet à des réalisateurs de mettre en avant leurs sociétés et leurs cultures, a lieu du 3 au 9 février, à Papeete (Tahiti). © Capture d'écran France 24

Le Festival du film océanien s'est ouvert, lundi, à Tahiti, à l'occasion de sa 17e édition. Des réalisateurs originaires d'Océanie qui, par le biais de films documentaires et de fictions, redonnent la parole aux habitants de leur région. L'occasion de mettre en lumière les problèmatiques auxquelles ils sont, aujourd'hui encore, confrontés.

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Un festival pour libérer la parole des Océaniens. Accueillant, comme chaque année, des réalisateurs venus de toute la région pour une semaine de projection, le Festival international du film océanien (FIFO) a ouvert sa 17e édition, lundi 3 février, à Papeete (Tahiti). Cet événement, qui permet de découvrir l'Océanie sous un autre jour, redonne la parole aux habitants de cette région lointaine, ces derniers pouvant ainsi raconter leur propre histoire et se la réapproprier.

À travers une sélection de films documentaires et de fictions, le FIFO permet aux réalisateurs - qui viennent d'Australie, de Nouvelle-Zélande, de Polynésie, et pour la première fois, de l'Ile de Pâques - de faire connaître leurs identités, leurs cultures et leur quotidien, loin des images exotiques que l'on peut avoir de cette région du Pacifique.

Difficultés sociétales et conflits

Pour cette nouvelle édition, les réalisateurs ont choisi d'évoquer les thèmes de la violence conjugale, le racisme, le poids des traditions, ou encore la guerre qu'ils vivent au quotidien.

Loin de ces images d'épinal, les sociétés océaniennes se trouvent "traversées par des difficultés", explique le président du jury, le réalisateur Éric Barbier, à Marie Schuster, journaliste pour France 24. "Des difficultés sociétales, des difficultés d'existence, des conflits aussi", ajoute-t-il, précisant qu'il s'agit, en l'espèce, souvent de conflits avec les anciennes autorités.

Son film, "Petit Pays", adapté du roman de Gaël Faye, a été présenté en avant-première mondiale au cinéma Liberty de Papeete. Pourtant, Éric Barbier, qui préside cette année le jury du festival, avoue ne rien connaître de l'Océanie. Celui-ci attend toutefois beaucoup de cette édition et des échanges avec les autres membres du jury, "plus impliqués" dans la région pour mieux comprendre les cultures océaniennes.

À l'origine de ce festival, Walles Kotra, kanak, directeur du Pôle Outre-mer de France Télévisions et co-fondateur du FIFO (avec Heremoana Maamaatuaiahutapu) se réjouit de l'engouement grandissant du public pour le festival, et estime que celui-ci permet de reconstruire "une parole nouvelle pour l'Océanie d'aujourd'hui, parce que nous ne vivons pas dans le passé", a-t-il déclaré à France 24.

"Parfois, les anthropologues nous laissent un peu dans le passé, mais non, nous on est aussi ici. Regardez autour de vous : tous les enfants qui sont là ont des smartphone. C'est tout ça qu'il faut que l'on puisse gérer ensemble."

Éduquer, toucher, communiquer

Pour impliquer les plus jeunes, et susciter, peut-être, des vocations, des ateliers de tournage, de montage, numériques, d'écritures de scénarii, sont organisés, en marge des projections, par des professionnels du milieu.

"Beaucoup de gens qui projettent des films au FIFO ont débuté par un atelier ici, à Tahiti, avant de partir faire leurs études en Australie ou en Nouvelle-Zélande, où l'industrie cinématographique est plus développée", raconte la co-organisatrice du festival, Khadija Benouataf. "Et on les voit revenir avec leurs films des années plus tard."

Parmi les films en compétition cette année, "In my blood it runs", de l'Australienne Maya Newell, relate la vie d'un jeune aborigène d'Alice Springs (centre de l'Australie), perdu dans une société faite pour les Blancs, et une scolarité faite par les Blancs, sans considération pour la tradition et l'histoire aborigène.

In My Blood It Runs Trailer (Official)

We are thrilled to share with you our NEW OFFICAL FILM TRAILER!!!!! Today Dujuan will address the United Nations Human Rights Council. We believe Dujuan is the youngest person ever to address the the Council! We are all so proud of him. He will call the Australian Governmentt to listen to Aboriginal kids like him; “My film is for all Aboriginal kids. It is about our dreams, our hopes and our rights. There are some things I want to see changed: I want my school to be run by Aboriginal people. I want adults to stop cruelling 10 year old kids in jail. I want my future to be out on land with family, strong culture and language. I hope you can make things better for kids like me.” Hanging to watch the film? In My Blood It Runs documentary will be in cinemas across Australia from Feb 2020. You can also host a screening in any cinema anywhere in Australia for your networks - book it now: https://fan-force.com/films/in-my-blood-it-runs/ A huge thank you to all the Arrernte and Garrwa families involved in the making of this film - for your bravery and courage to make this film, and to share your vision for change at the United Nations this week. #HRC42 United Nations Human Rights #Arrernte

Publiée par In My Blood It Runs documentary sur Lundi 9 septembre 2019

Pensé pour toucher, le documentaire de Maya Newell s'accompagne d'une stratégie de communication visant à avoir un impact sur les décideurs politiques. La réalisatrice espère faire bouger les lignes en matière d'éducation et changer le regard que portent encore les autorités australiennes sur les aborigènes.

Dans cet esprit, le FIFO organise cette année une table ronde autour du "Documentaire d'impact", ayant pour but d'associer réalisateurs et ONG pour établir une véritable stratégie de communication autour d'un film documentaire relatant un problème sociétal ou environnemental.

Au cours de cette 17e édition du FIFO, qui a lieu jusqu'au 9 février, 13 films sont en compétition, et une vingtaine d’autres hors compétition.

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