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Engie: le sort d'Isabelle Kocher pourrait être tranché dès jeudi

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Paris (AFP)

La directrice-générale d'Engie, Isabelle Kocher, en compagnie du Président du groupe en mai 2019 à ParisLa directrice-générale d'Engie, Isabelle Kocher, en compagnie du Président du groupe en mai 2019 à ParisLe calendrier s'accélère chez Engie: le non-renouvellement de la directrice générale Isabelle Kocher pourrait être décidé dès jeudi par un conseil d'administration qui lui est majoritairement hostile, malgré les soutiens politiques exprimés depuis quelques jours.

Le sort de la seule femme à la tête d'une grande entreprise du CAC 40 devait initialement être tranché lors d'un conseil d'administration prévu le 26 février. Mais une réunion extraordinaire est convoquée dès ce jeudi, ont indiqué à l'AFP des sources concordantes, ce qui pourrait mettre fin à un feuilleton qui déstabilise le géant de l'énergie depuis des mois.

Le départ d'Isabelle Kocher est probable dans la mesure où elle fait face à l'hostilité d'une majorité d'administrateurs, a précisé l'une de ces sources proches du dossier.

Les administrateurs indépendants siégeant au conseil ne lui sont en effet pas favorables, a précisé une autre source, évoquant un "problème de confiance" avec la dirigeante.

L'Etat, actionnaire à hauteur de près de 24% du groupe d'énergie, est aussi présent au conseil avec plusieurs représentants et sa voix pourra ainsi être déterminante.

Le gouvernement n'a pour l'instant pas encore pris position publiquement sur le sort de Mme Kocher mais s'est bien gardé de la soutenir explicitement.

La décision sera prise "uniquement et exclusivement au regard de (...) critères économiques", a assuré mardi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

L'avenir de Mme Kocher, qui figure en bonne position parmi les femmes les plus puissantes du monde selon Forbes, fait l'objet de rumeurs récurrentes depuis des mois.

"Une campagne de presse", regrette l'intéressée. "Je suis très motivée pour poursuivre ma mission", a-t-elle déclaré au Journal du Dimanche.

- Transformation -

Ce dossier est aussi devenu politique depuis quelques jours, avec le soutien public affiché à la dirigeante par des personnalités de tous horizons.

Dans une tribune publiée par Les Echos, des responsables politiques (Yannick Jadot, Xavier Bertrand, Anne Hidalgo, Cédric Villani...) et du milieu des affaires (Frédéric Mazzella, Clara Gaymard...) ont plaidé pour son renouvellement, saluant notamment "sa formidable réussite" sur la question de la transition énergétique.

Le député européen du parti présidentiel LREM Pascal Canfin lui a aussi manifesté son soutien, estimant que "les résultats sont là", dans le journal l'Opinion mercredi.

L'ex-GDF Suez est engagé dans une profonde transformation depuis des années, avec un accent mis sur trois activités principales: les services énergétiques, l'électricité d'origine renouvelable ainsi que les infrastructures gazières.

Héritage du passé, le groupe est encore présent dans le nucléaire en Belgique et un peu dans le charbon, mais cherche à se désengager de cette dernière activité, très polluante.

Isabelle Kocher a aussi ces derniers mois défendu son bilan financier, arguant que le virage stratégique avait permis de renouer avec la croissance et que le cours de Bourse avait commencé à rebondir.

Derrière son cas personnel se pose encore l'avenir de l'entreprise, au moment où l'Etat s'est donné la possibilité de baisser sa participation au capital, dans le cadre de la loi Pacte. L'hypothèse d'une vente des infrastructures gazières a été évoquée avant d'être démentie par le président d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu.

Ce scénario de démantèlement avait affolé les syndicats, alors que l'entreprise est déjà profondément déstabilisée par les diverses rumeurs, selon plusieurs sources internes.

Isabelle Kocher s'était d'ailleurs portée garante de l'unité du groupe. "Démanteler et vendre Engie par appartements, non", avait-elle réagi il y a quelques mois.

"Que Bruno Le Maire arrête de vouloir précipiter les décisions pour débarquer Isabelle Kocher, qu'il arrête de déstabiliser ce groupe, potentiellement pour le découper en tranches", a critiqué le député européen EELV Yannick Jadot mercredi sur France Info.

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