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Municipales: à Rouen, après Lubrizol, EELV se sent pousser des ailes

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Rouen (AFP)

Allié du PS dans la majorité municipale sortante, EELV se sent pousser des ailes pour le scrutin de mars à Rouen après l'incendie hors norme de l'usine Seveso Lubrizol, face à un PS en recul dans la région et à un entrepreneur soutenu par LREM et la droite.

"La victoire de Rouen doit amener d'autres victoires", lançait, très confiant, Jean-Michel Bérégovoy, 53 ans, adjoint EELV au maire et à la tête d'une liste annoncée EELV-PCF-Génération-s, lors l'inauguration du local de campagne en janvier, au cœur de cette ville industrielle de 115.000 habitants (500.000 pour l'agglomération), une des plus polluées de France.

L'incendie hors norme qui y a ravagé une partie de l'usine Lubrizol le 26 septembre, et son panache de fumée noire de 70 km de long, ont indéniablement accru la conscience écologique des Rouennais, nombreux à s'inquiéter pour leur santé.

"J’étais de toutes façons dans une démarche un peu plus écologique, mais Lubrizol, c’est vrai, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase", confiait samedi sur un marché de Rouen Catherine Le Bourg, une retraitée du milieu bancaire.

Mais le candidat EELV n'a recueilli que 11,09% en 2014, (en cinquième position derrière le FN à 13,5%), tempère Nicolas Mayer-Rossignol, conseiller municipal PS, ex-président de la région Haute-Normandie et tête de liste sans étiquette pour les municipales.

"En 12 ans, qu'ont-ils fait?" pour éviter un sinistre comme celui du 26 septembre, interroge de son côté Jean-Louis Louvel, 53 ans, entrepreneur novice en politique, futur ex-actionnaire principal du journal Paris Normandie, soutenu par La République en marche (LREM), Les Républicains (LR) et les centristes.

Le maire socialiste sortant, Yvon Robert, ne se représente pas. A l'exception d'une parenthèse centriste entre 2001 et 2008, la ville est aux mains du PS depuis 1995, après plus de 25 ans de gestion centriste.

L'agglomération, installée dans une cuvette, ce qui lui vaut parfois le surnom de "pot de chambre de la Normandie", a beau compter 14 sites Seveso seuil haut, l'incendie de Lubrizol "a été un choc évidemment pour la population. Tout le monde à Rouen a en tête cet enjeu environnemental", confirme Jean-François Bures, 53 ans, conseiller municipal LR battu par Yvon Robert en 2014 et à nouveau candidat mais sans le soutien de son parti.

- "un maire qui ne tremble pas" -

Ce n'est "pas seulement" Lubrizol qui porte les écologistes, estime le candidat EELV, neveu de l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Bérégovoy. En témoigne le score du parti aux européennes en mai: deuxième derrière LREM avec 18,33% à Rouen, contre 13,48% au niveau national. Et un sondage Ifop réalisé à la demande de LREM juste avant l'incendie de Lubrizol plaçait M. Bérégovoy en tête, sans le PCF, avec 23% juste devant Jean-Louis Louvel (22%) et Nicolas Mayer-Rossignol (20%). M. Bures et Guillaume Pennelle (RN) étaient à 13%.

Quatre mois plus tard, le fabusien Nicolas Mayer-Rossignol n'est plus favorable au projet autoroutier de contournement Est de Rouen, bête noire des écologistes, et veut faire de Rouen une "championne de la dépollution".

"Il y a un candidat socialiste qui ne parle écologie que depuis les européennes. Moi depuis 30 ans que je suis dans le bois, le développement durable, je sais ce que c'est", assure de son côté à l'AFP M. Louvel, président de la société de palettes PGS. Lui défend toujours le contournement Est.

La "grande différence se fera face aux lobbies industriels. Les gens veulent un maire qui ne tremble pas. Nous on a bataillé pour reprendre en régie municipale l'eau à Veolia, des parkings à Vinci. Avec nous les industriels pourront discuter les yeux dans les yeux dans l'intérêt commun et non pas dans l'intérêt d'un petit nombre", martèle M. Bérégovoy.

Dans une ville qui était selon lui "un îlot de chaleur généralisée cet été", la liste EELV se distingue aussi par sa volonté, face à l'urgence climatique, de recourir à l'emprunt, à taux zéro. Une initiative qui "fait peur", trouve M. Louvel.

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