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Pour David Foenkinos, le théâtre "terrain de la liberté absolue"

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Paris (AFP)

"Le théâtre est le terrain de la liberté absolue, permettant d'aller loin dans la férocité": romancier à succès, David Foenkinos se distingue aussi comme dramaturge avec bientôt deux pièces à l'affiche en même temps à Paris, un exercice qu'il préfère pour créer "des situations réalistes avec fantaisie".

"Mon immense bonheur est une salle pleine avec des gens qui rient beaucoup. Je trouve que pour un auteur, c'est quelque chose d'extraordinaire que l'on ne peut pas vivre comme romancier", confie l'écrivain à l'AFP.

Avec "Dix ans après", sa troisième pièce à l'affiche du Théâtre de Paris, David Foenkinos propose une version insolite et particulièrement cynique du triangle amoureux dans une mise en scène de Nicolas Briançon qui a remonté l'an dernier avec succès deux savoureuses pièces de boulevard, "Le Canard à l'orange" et "N'écoutez pas, Mesdames!", un classique de Guitry.

Avec Mélanie Page, Julien Boisselier et Bruno Solo, livrant tous trois une excellente partition, "Dix ans après" aborde de front les limites de l'amitié quand deux hommes se partagent la même femme, en devenant tour à tour ses compagnons.

La vie de couple et ses vicissitudes en prennent pour leur grade, avec des sentences qui font mouche, aussi mordantes qu'hilarantes, sans tomber dans les travers du boulevard: "d'un point de vue culinaire, nous sommes heureux...", "la durée de vie du couple est souvent calquée sur celle d'un crédit immobilier", "si tous les gens qui ne s'aiment plus se quittaient...", "faut-il dîner absolument tous les jeudis soirs avec Bernard et Nicole ?"...

- "Formidable respiration" -

"Le théâtre permet plus facilement de s'amuser des travers de la société. L'autre idée de la pièce est qu'il y a des personnes qu'on ne parvient pas à quitter", souligne David Foenkinos qui signe un texte pétillant et ciselé.

"J'aborde aussi le thème de la trahison amicale qui m'a été inspiré par une connaissance qui a volé la fiancée d'un ami", dit encore l'auteur de "La Délicatesse", son huitième roman paru en 2009 avec lequel, déjà, il faisait sourire et réfléchir, et qu'il a porté à l'écran avec son frère Stéphane.

"Écrire une pièce féroce a été très amusant. Le théâtre permet d'aller loin. Plus les personnages sont méchants et médiocres, plus les gens rient. C'est excitant! Le théâtre est dans l'immédiateté. Le roman est plus dans la précision psychologique et l'introspection", estime le romancier qui adore "les personnages qui perdent le contrôle et agissent de manière extrême".

A partir du 3 mars, une autre pièce inédite co-écrite par le romancier, lauréat du Renaudot et du Goncourt des lycéens en 2014 pour "Charlotte", sera à l'affiche. Sur la scène du Théâtre de la Michodière, "Amis" imagine l'amitié décidée par un algorithme, avec Claudia Tagbo, Kad Merad et Lionel Abelanski.

"Le théâtre est pour moi une formidable respiration entre les livres et les films. L'écriture d'une pièce est toujours un long cheminement. Avoir deux pièces à l'affiche est un concours de circonstances", assure l'écrivain qui a en chantier un nouveau roman programmé pour l'automne, et un troisième film adapté d'une histoire familiale inédite.

"Deux sœurs", son dernier roman, a été l'un des livres les plus vendus en 2019.

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