Accéder au contenu principal

Violences sexuelles dans le patinage: Gailhaguet livre sa version

Publicité

Paris (AFP)

Une ministre qualifiée de "moralisatrice", des accusations de viols apprises "il y a une semaine", un ministère qui dysfonctionne et une demande de démission injustifiée: Didier Gailhaguet se défend après les accusations de viols sur mineur portées par la patineuse Sarah Abitbol contre son ex-entraîneur Gilles Beyer.

Le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) a tenu une conférence de presse mercredi, deux jours après avoir été reçu par la ministre des sports, Roxana Maracineanu.

La Ministre a demandé au dirigeant de démissionner et a menacé de retirer l'agrément à la FFSG, reprochant le maintien dans l'équipe fédérale de Beyer, malgré une enquête administrative soulignant des attitudes inappropriées avec de jeunes patineuses. Abitbol a révélé dans un livre paru jeudi avoir été abusée de 1990 à 1992, quand elle avait 15 à 17 ans.

. Une ministre "moralisatrice"

"Si je suis ici devant vous c'est que Madame la Ministre ne m'a pas entendu, drapée dans des certitudes et aussi une médiatisation en folie et parfois inexacte. Je suis là pour rétablir une stricte vérité (...). Depuis quand dans ce pays a-t-on supprimé la présomption d'innocence ? La Fédération est accusée sur la base de médias pour le moins déchaînés, d'une ministre moralisatrice et selon les opportunistes de circonstance qu'on n'a pas vus dans les patinoires pour certains près de 10 ans, avec certaines pensées électoralistes".

. Le scandale: "je n'ai absolument pas protégé Gilles Beyer"

"Je n'avais jamais entendu parler des viols de Sarah Abitbol et Hélène Godard. (...) Ces faits je les ai découverts pour 90% d'entre eux par la presse et par un livre, ils sont affreux, inadmissibles. (...) Il n'y a pas eu un seul cas pendant ma présidence qui ne soit traité. (...) Il y a eu une première enquête administrative de l'inspection générale sur Monsieur Beyer, faite par le ministère des Sports. C'est moi qui l'ai demandée à Madame Buffet et un membre de son cabinet. J'ai appris ensuite qu'il y a eu une enquête de police sur Monsieur Beyer. Cette deuxième enquête a conclu à blanchir des faits Monsieur Beyer. Le parquet n'a donc pas poursuivi. Pourquoi j'irais à l'encontre d'une enquête que j'ai moi-même demandée ? Ce serait complètement débile. (...) je n'ai absolument pas protégé Gilles Beyer".

. Les "dysfonctionnements" du ministère Buffet

"La ministre des Sports de l'époque (Marie-Georges Buffet) a renvoyé Monsieur Beyer à l'Education nationale. (...) Lors d'un stage au POPB (Bercy), j'ai constaté que Monsieur Beyer encadrait des mineurs. Je l'ai reçu en entretien, je lui ai fait part de l'impossibilité d'encadrer des mineurs, il m'a affirmé que le ministère des Sports lui avait rendu sa carte professionnelle, que je cesse de l'importuner, ce qui s'est avéré exact. Et pour couronner les dysfonctionnements du ministère, Monsieur Beyer, et son club, a continué à organiser des stages sans discontinuer, avec des mineurs et la bénédiction des services de l'Etat. Je vous laisse juger. Avouez que ça ne manque pas de sel. J'ai fait bien davantage que mon travail, avec mon inexpérience de l'époque et les volte face de l'Etat. Une fédération sportive ce n'est pas la justice, la police et encore moins le ministère des sports. Je rappelle que Monsieur Beyer a été blanchi par la police, il n'a pas de casier judiciaire".

. Sa démission demandée: "je veux rétablir la vérité"

"Pour être démissionnaire, il faudrait que j'aie commis une faute or j'estime ne pas en avoir commis. J'attendrai les résultats de cette inspection (demandée par Roxana Maracineanu) avant de prendre une décision sur cette démission demandée. Il m'est demandé de démissionner pour des faits qui remontent à 30 ans, où j'étais absent de la FFSG, des faits que je connais depuis une semaine et demi. C'est comme si on demandait à Madame la ministre de démissionner dans son propre club de natation à Clamart où il fut trouvé un pervers sexuel. A-t-elle d'ailleurs diligenté une enquête ? (...) Je veux rétablir la vérité en ce qui nous concerne. Je suis là pour accompagner cette inspection et je demande qu'on apporte la preuve de tout ce que je lis dans les médias. (...) Si les conclusions sont indignes de mon mandat je prendrai les décisions nécessaires".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.