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Donald Trump, en campagne pour sa réélection, tourne la page de l'impeachment

Donald Trump lors de son discours sur l'état de l'Union, le 4 février 2020.
Donald Trump lors de son discours sur l'état de l'Union, le 4 février 2020. © Leah Millis, Reuters

L'acquittement au Sénat, mercredi, permet à Donald Trump de se présenter, blanchi, face à ses futurs électeurs, au moment où les démocrates sont affaiblis. Le président américain ne pourra toutefois pas se vanter du soutien total de son camp puisque le sénateur Mitt Romney a fait défection. Analyse.

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Après plus de quatre mois de saga à Washington, Donald Trump peut enfin tourner la page de l’impeachment. Son acquittement au Sénat, mercredi 5 février, n’a surpris personne. Après tout, la procédure d’impeachment reste politique. Mais il avait besoin de cette étape officielle pour s’afficher comme un président blanchi. C’est ce qu’il fera dès jeudi midi (18 h, heure de Paris) lors d’un discours prononcé depuis la Maison Blanche.

Le président américain s’est pour l’instant contenté d’un tweet humoristique, insinuant qu’il resterait bien au Bureau ovale à vie. Sa porte-parole, Stephanie Grisham, a salué une "exonération complète" et dénoncé une "chasse aux sorcières [...] basée sur une série de mensonges".

 

Le milliardaire peut savourer ce moment. Sa semaine avait déjà bien commencé, avec un fiasco électoral pour les démocrates en Iowa. Mardi, il a vanté son bilan économique lors de son discours sur l’état de l’Union. Le geste agacé de la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui a déchiré la copie de son discours à la fin de la soirée, a accentué l’image d’une opposition mauvaise perdante.

"La peur est ce qui les motive"

Nancy Pelosi, qui avait supervisé l’impeachment de Donald Trump, a dénoncé l’acquittement de mercredi, expédié à l’issue d’un procès sans témoin. "À cause de la trahison de la Constitution par le Sénat républicain, le président reste une menace active pour la démocratie américaine", a-t-elle prévenu.

Le sénateur démocrate de l’Ohio Sherrod Brown a lui aussi dénoncé, dans une tribune, le comportement de ses collègues. "En privé, beaucoup reconnaissent que le président est irresponsable et inapte. Ils admettent ses mensonges. Ils savent que ce président a fait des choses que Richard Nixon n’a jamais faites. Et ils savent que davantage de preuves accablantes vont probablement sortir."

Selon l’élu, "la peur est ce qui les motive. Ils ont peur que M. Trump leur donne un surnom comme 'Jeb le mou' et 'Ted le menteur' [les républicains Jeb Bush et Ted Cruz avaient été ridiculisés par le candidat Donald Trump en 2016, NDLR], ou qu’il tweete à propos de leur manque de loyauté. Ou, encore pire, qu’il se rende dans leur État pour faire campagne contre eux."

Mitt Romney contre son camp

Seul sénateur républicain à faire défection : Mitt Romney, élu de l’Utah. Il a voté coupable du chef d’accusation d’abus de pouvoir, ce qui empêche Donald Trump de se dire à 100 % soutenu par son camp. Ému parfois au point de ne plus pouvoir parler, l'élu mormon a expliqué avoir pris une décision basée sur la "conviction inébranlable que son serment prêté devant Dieu l’exigeait". L’ex-candidat à la présidentielle, qui n’a jamais caché son mépris pour Donald Trump, sait ce qu’il attend : "Je reconnais que le fait d’avoir tiré cette conclusion aura d’énormes conséquences", a-t-il confié à ses collègues.

Les réactions n’ont pas traîné. "Mitt Romney est à jamais amer car il ne deviendra jamais président des États-Unis. Il était trop faible pour battre les démocrates, donc il les rejoint maintenant. Il est à présent un membre de la résistance et devrait être exclu du Parti républicain", a tweeté le fils aîné du président, Don Jr.

Les autres républicains modérés sont restés dans les rangs. Susan Collins, sénatrice du Maine, a tenté de se justifier sur CNN, estimant que Donald Trump avait bien compris sa "leçon" avec son impeachment à la Chambre des représentants. Ce n’est pas l’impression qu’ont eu les journalistes qui ont déjeuné avec lui mardi midi, à qui il a répété n’avoir rien fait de mal dans l’affaire ukrainienne.

Objectif : novembre 2020

Même si les démocrates savaient à l’avance quelle serait l’issue du procès, l’acquittement de Donald Trump porte un coup au moral. Certains rappellent que l’impeachment est une tache sur le C.V. du 45e président des États-Unis, qui ne s’effacera jamais. D’autres promettent de continuer l’enquête, par exemple en convoquant des témoins à la Chambre des représentants. L’idée d’un vote de censure au Sénat, symbolique, flottait aussi mercredi soir.

Reste que Donald Trump a déjà pris le train suivant. Objectif : sa réélection en novembre 2020. La séquence de l’impeachment n’a rien changé à l’adhésion de ses supporters, à en croire les sondages. Jamais le président n’a été aussi populaire, avec 49 % d’opinons positives, selon l’institut Gallup. Et, face à des démocrates qui s’écharpent déjà sur les résultats du premier État à voter dans la course à l’investiture - il en reste 49 ! - il part avec un avantage non négligeable.

 

 

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