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Agressions sexuelles : entrepreneur et président du SCO d’Angers, Saïd Chabane dans la tourmente

Saïd Chabane, président du SCO d'Angers.
Saïd Chabane, président du SCO d'Angers. © Loïc Venance, AFP

Figure du sport et de l’entrepreneuriat dans la région angevine, le président du SCO d’Angers, Saïd Chabane fait  l’objet d’une mise en examen pour agressions sexuelles. Une crise majeure dans la trajectoire jusqu'ici sans accroc  de l’homme d’affaires franco-algérien.

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Qu’il semble loin, le temps où Saïd Chabane célébrait, avec ses joueurs et salariés, la première finale de Coupe de France du SCO d’Angers depuis plus de soixante ans, au printemps 2017. À l’époque, France 24 dressait déjà le portrait de cet homme d’affaires franco-algérien qui avait remis un club historique sur le devant de la scène.

Deux ans plus tard, Angers, bien que stabilisé parmi l’élite du football français, n’a jamais semblé aussi fragilisé. En cause, les récents déboires judiciaires de son emblématique président, qui a été mis en examen, mercredi 5 février, à la suite d’une garde à vue dans le cadre d’une enquête pour agressions sexuelles. Une affaire qui embarrasse au club, en témoigne l'injonction du service communication angevin, qui a menacé d'éviction les journalistes présents lors de la dernière conférence de presse du staff, le 6 février, s'ils se montraient "trop insistants" sur le sujet.

Saïd Chabane, 55 ans, qui a "démenti formellement" les accusations dont il fait l'objet, est bel et bien au cœur d’une tempête, premier accroc majeur d’un parcours qui en a fait l’une des figures locales ces 20 dernières années. Un personnage à l'indéniable succès, mais qui s'est aussi attiré au fil des années quelques qualificatifs moins élogieux, "intransigeant" et "autoritaire" étant les deux plus régulièrement évoqués.

Actionnaire ultra-majoritaire

Son histoire débute assez loin du sport. Sorti de Polytechnique à Alger, il poursuit sa formation sur les bancs de l’école des Mines de Fontainebleau, en France, au début des années 1990, avec l’objectif de retourner ensuite au pays.

Mais c’est finalement au nord de la Méditerranée que son avenir s’écrit. En 1997, l’Algérois de naissance – kabyle d’origine – fonde la société Cosnelle à une trentaine de kilomètres du Mans, dans la Sarthe. Cette entreprise spécialisée dans la charcuterie, et notamment la merguez, sera le pilier économique et politique de son ascension. Vingt ans plus tard, le groupe industriel basé à la Ferté-Bernard emploie quelque 800 personnes, pour un chiffre d’affaires annuel qui, selon les sources, oscille aujourd'hui entre 65 et 100 millions d’euros.

Entrepreneur reconnu dans la région, grand amateur de football, il fait potentiellement figure de sauveur pour le club de football du Mans, qui est en proie à de graves difficultés financières. Mais c’est pourtant un peu plus au sud-ouest, du côté d’Angers, que son engagement se matérialise. En 2011, il entre une première fois au capital du club angevin, à hauteur de 10 %. Il n’est alors que l’actionnaire minoritaire d’un club de Ligue 2, qui compte déjà dans ses rangs le directeur sportif Olivier Pickeu et l’entraîneur Stéphane Moulin.

Près d’une décennie plus tard, Saïd Chabane possède 93 % des parts du SCO, Olivier Pickeu et Stéphane Moulin sont toujours en place, et le club angevin est devenu un pensionnaire régulier de la Ligue 1. Une stabilité et une réussite qui en ont fait l’une des personnalités qui compte dans le milieu du football français. En 2015, il devient vice-président du syndicat Première Ligue, créé par les principaux clubs français pour défendre leurs intérêts communs. Une structure au sein de laquelle sa voix porte, à l’image de celles de mastodontes du milieu, comme le président lyonnais Jean-Michel Aulas ou son homologue du PSG Nasser al-Khelaïfi.  

La "Chabanie" déstabilisée

L’hebdomadaire France Football décide même de lui attribuer le titre de "dirigeant de l’année", en décembre 2019, s’appuyant sur ses faits d’armes : cinq années de présence consécutive en Ligue 1, et un développement effréné des infrastructures du club. À Angers, quatre nouveaux terrains d’entraînement, un siège social et une boutique ont vu le jour, aux abords d’un stade Jean-Bouin – devenu depuis Raymond-Kopa – dont la rénovation intégrale devrait être achevée en 2021.

Saïd Chabane, qui sera prochainement amené à se défendre de ses accusations devant la justice, est devenu l’homme incontournable du SCO d’Angers. En coulisses, certains s’en amusent même ouvertement : "Nous ne sommes plus à Angers, mais en Chabanie", rapporte ainsi le quotidien L’Équipe, dans son édition du 6 février 2020. Une "Chabanie" qui se prépare à affronter ce qui constitue probablement la plus grosse crise de sa jeune existence.

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