Accéder au contenu principal

Patinage: dans les clubs, les voix s'élèvent contre l'obstination de Gailhaguet

Publicité

Paris (AFP)

En plein scandale de violences sexuelles dans le patinage français, les voix s'élèvent dans les clubs face à l'obstination de son indéboulonnable patron Didier Gailhaguet. La défiance se fait aussi entendre en coulisses.

Appelé à la démission par la ministre des Sports Roxana Maracineanu lundi, Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) quasiment sans discontinuer depuis 22 ans, a répété mercredi au cours d'une conférence de presse fleuve sa volonté ferme d'attendre les conclusions de l'enquête administrative à venir "avant de prendre une décision".

Une position largement critiquée par les clubs, qui commencent à s'activer pour se faire entendre. Et faire bouger les lignes.

"Monsieur Gailhaguet, votre défense ne m'a pas émue. Votre indignité, si", assène ainsi le jeune président du club d'Angers, Damien Boyer-Gibaud, dans une tribune publiée dans Ouest-France.

"Quand j'étais gamin, je regardais le patinage artistique et j'entendais parler d'histoires et de polémiques avec Didier Gailhaguet. Stop, ça suffit, place aux autres. Quand on est président de fédération, de ligue ou de club, on a un devoir moral, il a failli à ce devoir moral. (Dans cette situation), on s'en va. On ne s'acharne pas à vouloir garder sa place", explique à l'AFP M. Boyer-Gibaud. Le trentenaire, qui cherche à mobiliser d'autres clubs, dit avoir reçu le soutien de plusieurs d'entre eux.

- "Stop" -

Si tous s'accordent à souligner le travail accompli par Gailhaguet en plus de vingt ans à la tête de la fédération, la question morale et le besoin d'apaisement priment.

"Il est sourd à la partie responsabilité morale ou éthique du président. Il n'est plus audible dans l'axe (de défense) qu'il a choisi", expose à l'AFP Bruno Travail, qui préside l'Entente Patinage Wasquehal Lille Métropole. "Je suis convaincu qu'il n'est plus l'homme de la situation."

"Tu dois démissionner pour que tout retombe", lui a dit le président de Lyon Glace Patinage, Pascal Girardot.

"Il faudrait qu'il lâche le morceau. Je ne vois pas comment il peut s'en sortir, même s'il est jusqu'au-boutiste. Il faut être aussi raisonnable, on s'inquiète pour la suite", poursuit-il.

"S'il aime vraiment ses bénévoles, ses athlètes, sa fédération, il la quitte", tranche M. Boyer-Gibaud.

- Le levier des clubs -

Si, dans le bras de fer engagé entre Maracineanu et Gailhaguet, la première ne peut pas concrètement limoger le second, les clubs pourraient être un levier fatal.

C'est le sens de l'action engagée par Ludovic Le Guennec, président de l'Ascel Caen, qui annonce dans un communiqué avoir "sollicité hier (mercredi) soir la présidente du conseil fédéral", dont il est aussi membre, afin qu'il "mette fin au mandat" de Gailhaguet.

Selon les statuts de la FFSG, seul ce conseil fédéral en a le pouvoir, par un vote aux deux tiers. Cette instance de contrôle et de surveillance de la fédération se réunit obligatoirement si au moins un quart de ses 31 membres élus par l'assemblée générale le demandent.

"C'est aux clubs et à eux seuls qu'appartient la décision finale", considère le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Denis Masseglia.

En coulisses, quatre membres sur seize du bureau exécutif ont démissionné mardi soir devant l'obstination de Gailhaguet. Lors de cette réunion, son vice-président Serge Petetin, qui ne fait pas partie des démissionnaires, a lui aussi conseillé à Gailhaguet de partir, a-t-il confié à l'AFP.

L'ancien champion et porte-drapeau français aux JO-1952 à Oslo Alain Giletti, entré en contact avec une quinzaine de patineurs et d'entraîneurs de toutes générations la veille, se fait lui leur porte-parole auprès de l'AFP : "Ils me disent: +On espère que tout le monde va être viré pour qu'il y ait une équipe jeune et propre+".

Gailhaguet "doit se demander ce qui est le mieux pour sa fédération, et pour son honorabilité, juge Masseglia. Il ne peut pas rester dans le statut quo."

Au lendemain de sa contre-attaque médiatique, lui a cherché à rassurer les clubs en leur adressant un courrier dont l'AFP a obtenu une copie. Et s'active jusque sur les réseaux sociaux pour mesurer le poids de ses soutiens.

Mais pour la première fois, il a concédé jeudi soir, sur le plateau de C à vous, qu'il jetterait l'éponge si "c'est le seul moyen de débloquer" la situation.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.