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Armement nucléaire : Emmanuel Macron appelle les Européens à ne pas "se cantonner à un rôle de spectateurs"

Emmanuel Macron s'est exprimé vendredi à l'École militaire.
Emmanuel Macron s'est exprimé vendredi à l'École militaire. © France 24

Dans la course mondiale aux armements, notamment entre Moscou et Washington, Emmanuel Macron appelle ses partenaires européens à s'unir pour faire preuve d'autonomie. Dans un discours très attendu, vendredi, sur la stratégie de défense, le chef de l'État inscrit la doctrine de dissuasion de la France dans un cadre européen.

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C'était un discours très attendu qui a duré une heure et quart, vendredi 7 février, à l'École militaire à Paris. Devant un parterre d'officiers français et d'attachés de défense, en présence du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de la ministre des Armées Florence Parly, Emmanuel Macron a exhorté les Européens à développer une "plus grande capacité d'action" face aux désordres mondiaux. 

Les Européens ne peuvent pas "se cantonner à un rôle de spectateurs" face à la course aux armements nucléaires dont le Vieux continent risque d'être de nouveau le théâtre, a lancé le chef des armées et maître de la doctrine de dissuasion nucléaire, lors de ce discours sur la stratégie de défense et la dissuasion françaises, imposé à chaque président. Il a également appelé à participer pleinement aux futures négociations sur le contrôle des armements, en s'associant à un "dialogue stratégique" sur le rôle de la dissuasion nucléaire française.

La récente dénonciation par Washington du traité russo-américain de 1987 sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), qui interdisait les missiles d'une portée de 500 à 5 500 kilomètres, place de nouveau l'Europe au coeur d'une potentielle course aux armements comme au temps des Pershing II et SS-20. 

"Un dialogue stratégique sur la dissuasion nucléaire"

"Soyons clairs : si une négociation et un traité plus large (sont) possibles, nous le souhaitons (...). Les Européens doivent être partie prenante et signataires du prochain traité car il s'agit de notre sol" qui est concerné et menacé, a martelé Emmanuel Macron. Washington menace en outre de ne pas renouveler le traité New Start sur les armements stratégiques nucléaires, conclu en 2010, après son expiration en 2021. 

Le chef de l'État français a aussi proposé à ses voisins européens "un dialogue stratégique" sur "le rôle de la dissuasion nucléaire française" dans la sécurité de l'Europe, sans préciser si le Royaume-Uni post-Brexit était concerné par cette proposition. 

"Prendre le relais sur l'Otan"

Après avoir déclaré en novembre que l'Otan était en état de "mort cérébrale", "Emmanuel Macron essaie de prendre le relais", décrypte Gauthier Rybinski, chroniqueur international de France 24. "L'idée d'Emmanuel Macron consiste à définir un cadre juridique, c'est-à-dire des conditions a minima  au cours desquelles il faudrait imposer au moins une menace, si d'aventure l'un des membres de l'Union européenne était attaqué".

"La France est convaincue que la sécurité à long terme de l'Europe passe par une alliance forte avec les États-Unis", a-t-il ajouté face aux inquiétudes de certains membres de l'UE, notamment en Europe de l'est, qui s'en remettent avant tout à l'Otan pour leur sécurité. "Mais notre sécurité passe aussi, inévitablement, par une plus grande capacité d'action autonome des Européens". 

Une Europe de la défense à la peine

"La dernière décennie a vu les équilibres stratégiques, politiques, économiques, technologiques, énergétiques et militaires largement remis en cause et nous voyons aujourd'hui poindre à nouveau ce qui pourrait mettre à mal la paix acquise après tant de drames sur notre continent", a averti le président français dans un tour d'horizon des bouleversements post-Guerre froide.

L'Europe de la défense a du mal à exister depuis de nombreuses années, confirme Gauthier Rybinski. "Depuis le retrait du Royaume-Uni, la France est la seule puissance nucléaire en Europe, commente le spécialiste des questions internationales. Dans ce contexte, il existe une crainte d'hégémonie française, partagée par les Allemands, les Néerlandais, les Belges ou encore les Polonais. Emmanuel Macron essaie de rassurer de ce côté-là mais la France déciderait en quelque sorte de ce que serait la dissuasion européenne et de la politique européenne en la matière". Avant de conclure : "Difficile aussi qu'une politique de dissuasion prenne son essor quand il n'y a pas de politique commune tout court. C'est ça le souci de l'Europe".  

Avec AFP

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