Accéder au contenu principal

Proche-Orient : Jared Kushner défend le plan de paix américain à l'ONU et critique Mahmoud Abbas

Le conseiller et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, photographié lors d'une conférence de presse conjointe du président américain et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Washington, le 28 janvier 2020.
Le conseiller et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, photographié lors d'une conférence de presse conjointe du président américain et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Washington, le 28 janvier 2020. © Brendan McDermid, Reuters

Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et artisan du plan de paix américain proposé pour le Proche-Orient, a défendu, jeudi, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le projet validé par Israël mais rejeté par les Palestiniens. Devant la presse, le conseiller américain a accusé le président palestinien Mahmoud Abbas d'avoir "une responsabilité" dans les violences de ces derniers jours en Israël.

Publicité

Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, a défendu jeudi devant le Conseil de sécurité de l'ONU le paix américain pour le Proche-Orient. Un projet rejeté en bloc par les Palestiniens et dont il est l’architecte.

Pendant plus de deux heures, Jared Kushner a présenté le projet en s’appuyant sur des cartes et des graphiques, montrant que les développements parallèles des colonies israéliennes et des aspirations palestiniennes allaient arriver à un point de non-retour pour la création d'un État palestinien.

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni ou la Belgique, ont jugé à l'issue de la rencontre que la réunion avait été "très intéressante". D’après un diplomate cité par l’AFP, certains des membres du Conseil présents à la réunion se sont même fait dédicacer par Jared Kushner le plan américain qui leur a été remis sous forme de gros livre.

"Une tonne de fissures"

"Les gens veulent voir des idées nouvelles et des progrès. Nous avons eu des discussions très constructives avec chacun" des pays présents "et nous voulons travailler ensemble avec le Conseil et d'autres pays pour obtenir des progrès", a-t-il confié après sa réunion lors d'un rare entretien avec six médias, dont l'AFP.

Selon Jared Kushner, la publication récente du plan a provoqué "une tonne de fissures" dans l'approche de plusieurs États. Il a notamment cité l'Union européenne, qui "n'a pas été en mesure d'avoir une déclaration consensuelle" sur le plan selon lui. Il a aussi indiqué avoir vu du côté des pays membres de la Ligue arabe des "déclarations neutres" ou "en soutien", et "très peu de déclarations négatives". 

Le projet américain retient une "solution à deux Etats" et propose de créer une capitale d'un État palestinien à Abou Dis, un faubourg de Jérusalem, alors que les Palestiniens veulent faire de l'ensemble de Jérusalem-Est la capitale de leur État.

Il intègre aussi une annexion des colonies israéliennes, ainsi que de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, avec des frontières en rupture avec les lignes tracées à l'époque.

À la question de savoir si Israël pourrait se montrer flexible sur la question de Jérusalem-Est, Jared Kushner a répondu : "c'est une question pour les deux parties. C'est ce à quoi nous sommes arrivés pour qu'Israël accepte un début de négociations (...) Le seul moyen de savoir à quelle flexibilité Israël est prêt est, pour les Palestiniens, de s'asseoir à une table et d'essayer de négocier".

Le plan américain "pourrait représenter la dernière chance" pour les Palestiniens d'avoir un État, a aussi estimé Jared Kushner, en soulignant qu'Israël avait accepté cette perspective.

"C'est pourquoi il est important d'aller de l'avant avec un accord de reconnaissance" d'un État palestinien "en échange d'un gel" des colonies, a-t-il insisté.

"Il est très très difficile d'avoir un État contigu où vous pouvez conduire d'une extrémité à l'autre", a-t-il aussi fait valoir, se targuant d'être "pragmatique". Il a précisé qu'une commission allait être prochainement créée avec Israël pour avoir une carte plus détaillée de la possibilité d'avoir un État palestinien "sans check-points au milieu".

Jared Kushner critique ouvertement Mahmoud Abbas

Jared Kushner a également reproché au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de ne pas avoir la volonté de parvenir à la paix. "Quand nous nous sommes rencontrés - je l'ai rencontré personnellement quatre fois -, je n'ai jamais eu l'impression qu'il était prêt à entrer dans les détails, soit parce que ce n'est pas son truc, soit parce qu'il ne sait pas ce qu'il veut accomplir", a-t-il dit.

Une attaque jeudi à la voiture-bélier à Jérusalem a blessé une dizaine de soldats israéliens et des affrontements en Cisjordanie ont fait trois morts, des violences survenues dans le sillage du projet de paix américain qui polarise Israéliens et Palestiniens.

Le président Abbas "a rejeté le plan avant même de l'avoir vu. Je pense qu'il a été surpris de voir combien il était bon pour le peuple palestinien mais il s'est enfermé dans une position avant sa publication et je ne sais pas pourquoi il a fait cela", a ajouté le conseiller du président américain.

"Les dirigeants palestiniens ont une longue histoire de paiement des familles des terroristes, d'incitation aux intifadas quand ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent".

"Je pense que la communauté internationale est de plus en plus fatiguée de ce comportement", a souligné Jared Kushner.

Interrogé sur la perspective d'un vote mardi à l'ONU d'un projet de résolution d'inspiration palestinienne condamnant le plan américain, Jared Kushner a indiqué s'attendre "aux mêmes arguments lassants" que dans le passé.

"Ils feraient mieux de prendre les lignes (du plan américain) les unes après les autres et dire celles avec lesquelles ils sont d'accord et celles qu'ils rejettent".

"Si vous voulez un État, vous devez montrer que vous êtes prêts à un État qui fonctionne. Les gens qui sont prêts à avoir un État ne vont pas dehors en réclamant des 'journées de colère' et en poussant leur peuple à la violence lorsqu'ils n'ont pas ce qu'ils veulent".

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.