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Syrie : les forces du régime progressent dans la ville de Saraqeb

Des soldats de l'armée syrienne avancent dans la ville de Tall Sultan en direction de la ville de Saraqeb, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 5 février 2020.
Des soldats de l'armée syrienne avancent dans la ville de Tall Sultan en direction de la ville de Saraqeb, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 5 février 2020. © AFP

L'armée syrienne a progressé jeudi dans la ville de Saraqeb, à la jonction de deux autoroutes stratégiques dans l'est de la province d'Idleb, qui échappe encore au contrôle du président Bachar al-Assad. Face au drame humanitaire provoqué par cette offensive, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence à New York.

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Les troupes du président syrien Bachar al-Assad, appuyées par les forces aériennes de l’allié russe, ont progressé, jeudi 6 février, dans la ville de Saraqeb dans de la province d'Idleb, qui échappe encore au contrôle de Damas, et qui est dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

"Après une journée de combats et une contre-offensive des rebelles et des jihadistes, les forces du régime ont pris le contrôle de vastes secteurs dans la ville de Saraqeb", dans la province d'Idleb, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'agence officielle Sana a confirmé l'entrée à Saraqeb des forces du régime qui ont commencé des opérations de "ratissage" et le "démantèlement des mines et des explosifs des terroristes".

17 civils tués jeudi

Comptant 110 000 habitants il y a encore quelques mois selon l'OSDH, Saraqeb est aujourd'hui quasiment déserte après des mois de bombardements destructeurs et meurtriers. Une information confirmée par la journaliste syrienne Mirna Al-Hassan, jointe à Idleb par France 24. Cette ville stratégique se trouve à la jonction de deux importantes autoroutes reliant la grande métropole d'Alep à la province côtière de Lattaquié et à la capitale Damas.

Dix-sept civils, dont des enfants, ont été tués jeudi, selon un nouveau bilan de l’OSDH : dix civils ont été tués "dans un raid aérien russe à la périphérie est de la ville d'Idleb" et sept ailleurs dans la province d'Idleb ou dans la région voisine d'Alep, dans des tirs d'artillerie ou des raids aériens du régime ou russes.

Plus de la moitié de la province d'Idleb et des secteurs attenants des régions voisines d'Alep, de Hama et de Lattaquié, sont aux mains du HTS. D'autres groupuscules jihadistes et des factions rebelles y sont présents.

Selon l'OSDH, les jihadistes et les rebelles "bénéficient d'un appui de l'artillerie turque" dans des combats avec les forces gouvernementales près de Saraqeb. Ankara n'a pas évoqué un tel soutien. Le commandement de l'armée syrienne a aussi accusé la Turquie d'avoir dépêché des blindés turcs au nord de Saraqeb "pour protéger les terroristes" et "entraver l'avancée de l'armée".

La Turquie dispose d'une douzaine de postes d'observation dans la province d'Idleb aux termes d'un accord avec la Russie, parrain du régime syrien. Trois de ces postes, dans le sud-est de la province, se trouvent actuellement dans des secteurs dont les forces du régime syrien ont pris le contrôle à la faveur de leurs récentes avancées, a déclaré une source sécuritaire turque.

Les Occidentaux condamnent "un carnage"

Face au drame humanitaire provoqué par l’assaut du régime syrien qui a repris de plus belle en décembre contre la région d'Idleb et des secteurs limitrophes, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni jeudi en urgence à New York à la demande des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni.

Les Occidentaux ont vivement condamné "un carnage" en cours dans cette province, plusieurs pays notamment européens appelant à y "faire taire les armes". De son côté, l'Iran a proposé par la voix de son ambassadeur onusien son aide pour réduire les tensions entre Syrie et Turquie.

Et "il y a un besoin urgent d'accès continu et immédiat sans entrave à la population civile", a affirmé Geir Pedersen, émissaire de l'ONU pour la Syrie.

En deux mois, quelque 586 000 personnes ont été déplacées par les hostilités dans cette région dont la moitié est dominée par les jihadistes et où sont présents des groupes rebelles, selon un nouveau bilan de l'ONU.

La Turquie, qui a des troupes dans le nord-ouest syrien y compris à Idleb, où elle soutient des rebelles, a plusieurs fois sommé le régime de Bachar al-Assad et Moscou d'arrêter leur offensive.

La tension est montée d'un cran entre Damas et Ankara, culminant lundi avec des combats d'une violence inédite entre soldats syriens et turcs ayant fait une vingtaine de morts dans les deux camps dans des secteurs du nord-ouest syrien, selon l'OSDH.

Le front d'Idleb représente la dernière grande bataille stratégique pour le régime, qui contrôle désormais plus de 70 % du territoire, selon l'OSDH.

Déclenchée en mars 2011 avec la répression de manifestations antigouvernementales, la guerre en Syrie a fait plus de 380 000 morts et poussé à l'exil des millions de personnes. Le conflit a gagné ensuite en complexité avec l'implication de puissances régionales et internationales.

Avec AFP

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