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Débat démocrate : Bernie Sanders ou Pete Buttigieg, deux visions pour battre Donald Trump

Sept candidats démocrates sur scène dans le New Hampshire, vendredi 7 février 2020.
Sept candidats démocrates sur scène dans le New Hampshire, vendredi 7 février 2020. © Brian Snyder, Reuters

Sept candidats démocrates se sont affrontés vendredi soir dans le New Hampshire, dont la primaire se déroule mardi. L'occasion pour le septuagénaire socialiste Bernie Sanders et le jeune modéré Pete Buttigieg, sortis en tête des caucus de l'Iowa, de comparer leurs stratégies pour parvenir à la Maison Blanche.

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Comment les démocrates peuvent-ils faire front face à Donald Trump ? C'est la question de fond qui a dominé le débat du vendredi 7 février, organisé dans le New Hampshire. Mardi, les 1,3 million d'habitants de ce petit État du nord-est du pays vont choisir leur candidat à l'investiture. Selon les sondages, c'est le socialiste Bernie Sanders, sénateur du Vermont voisin, qui a l'avantage.

Sur scène vendredi, le candidat de 78 ans a tenté de convaincre que son programme ultra-progressiste – salaire minimum à 15 dollars de l'heure, assurance santé publique universelle, annulation de la dette étudiante, taxe sur les ultrariches, etc. – était le seul à même de l'emporter.

Pourquoi ? C'est, selon lui, le plus mobilisateur. "Nous battrons Donald Trump en ayant le taux de participation le plus élevé de l'histoire de ce pays", a-t-il assuré, avant de s'enorgueillir de sa forte popularité chez les jeunes électeurs.

Le label socialiste, un handicap ?

Ses concurrents ne sont pas convaincus. Joe Biden, qui fait figure de favori dans les sondages nationaux mais qui a admis vendredi avoir reçu "une claque" dans l'Iowa – il est arrivé seulement quatrième –, a dit craindre que le label "socialiste" de Bernie Sanders mène au naufrage du camp démocrate. "Donald Trump va s'appuyer là-dessus", a-t-il prévenu.

Selon l'ex-vice-président de 77 ans, pour l'emporter, il faut être capable de réunir différentes catégories d'Américains avec un programme plus modéré. Or Pete Buttigieg, le jeune maire du Midwest arrivé en tête des caucus de l'Iowa avec Bernie Sanders, joue lui aussi la carte de l'unité. Il a d'ailleurs coûté de nombreuses voix à Joe Biden dans l'Iowa. Mais pour ce dernier, Pete Buttigieg n'a pas démontré sa capacité à convaincre une catégorie clé : les Afro-Américains.

Sur ce point, Pete Buttigieg a eu du mal à se défendre. Sa campagne tente depuis des semaines d'améliorer son image auprès des minorités. Sur scène vendredi, le candidat de 38 ans a préféré jouer son atout premier : son âge. Il est temps de "tourner la page", a-t-il répété plusieurs fois.

Le modéré s'en est aussi pris à Bernie Sanders en estimant que sa candidature allait diviser le Parti démocrate. "Il est vrai qu'une majorité historique de la population est favorable à l'assurance santé universelle publique", a-t-il admis. Mais lui propose une "meilleure" solution laissant le choix aux Américains de garder leur assurance privée s'ils le désirent. "Il nous faut galvaniser les Américains, pas les polariser", a-t-il expliqué.

Trop d'expérience ou pas assez ?

Ses rivaux, des sénateurs et un ex-vice-président, n'ont pas manqué de lui rappeler son manque d'expérience politique. Mais Pete Buttigieg avait déjà une réponse toute prête : "J'admets que si vous cherchez la personne avec le plus d'années d'expérience de l'establishment de Washington, vous avez votre candidat, et ça n'est pas moi évidemment."

L'ancien soldat de la Navy a rappelé son expérience militaire. "Ma perspective est celle de quelqu'un qui sait ce que signifie être envoyé à la guerre sur des ordres donnés depuis la 'situation room'", a-t-il lancé, avant de conclure qu'il fallait "changer Washington avant qu'il ne soit trop tard".

Amy Klobuchar, la sénatrice du Minnesota particulièrement agacée par la montée en puissance de son jeune concurrent, en a profité pour tacler Pete Buttigieg : "C'est facile de s'en prendre à Washington, c'est une posture populaire", a-t-elle tancé, lui reprochant de se présenter comme le "cool nouveau venu". "Nous avons un nouveau venu à la Maison Blanche et regardez où cela nous a menés !" "La politique du passé n'était pas si mal", a de son côté répliqué Joe Biden, avant de rappeler l'héritage de Barack Obama.

Faut-il accepter l'argent des riches donateurs ?

Bernie Sanders a lui aussi critiqué Pete Buttigieg, cette fois sur le terrain des dons de campagne. "Moi, je n'ai pas 40 milliardaires de l'industrie pharmaceutique et de Wall Street qui contribuent à ma campagne", a-t-il lancé en regardant son jeune rival. "Je préfère construire un mouvement de masse de travailleurs", a-t-il ajouté.

"Donald Trump a levé 25 millions de dollars rien qu'aujourd'hui", a rétorqué Pete Buttigieg. "Il nous faut nous battre avec tout ce que nous avons", a-t-il assuré, appelant à l'"addition" des forces, pas au "rejet".

Le débat de vendredi a marqué un cap dans la campagne des primaires démocrates, avec des attaques plus directes entre les concurrents, a fortiori contre les favoris. Mais s'il y a bien une chose sur laquelle tous sont d'accord, c'est l'objectif : déloger le locataire actuel de la Maison Blanche. "Peu importe qui gagne cette fichue (course à l'investiture), on sera tous derrière pour battre" Donald Trump, a promis Bernie Sanders.

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