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Fifo 2020 : un palmarès qui met à l'honneur les femmes et la décolonisation

La 17e édition du Festival international du film océanien (Fifo) s'est tenu vendredi 7 février 2020 à Papeete (Tahiti).
La 17e édition du Festival international du film océanien (Fifo) s'est tenu vendredi 7 février 2020 à Papeete (Tahiti). © Marie Schuster, France 24

La cérémonie de clôture de la 17e édition du Festival international du film océanien (Fifo) s'est tenue vendredi soir à Papeete. Parmi les grands gagnants, "Ophir", des Français Alexandre Berman et Olivier Pollet, a remporté le Grand prix du jury. "How Mom Decolonized The Screen" du Néo-Zélandais Heperi Mita remporte, lui, le 1er Prix spécial du jury.

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"L'Océanie n'existe pas, elle n'existe que parce qu'on se rencontre." C'est ainsi que Walles Kotra, cofondateur avec Heremoana Maamaatuaiahutapu, a clos cette 17e édition du Festival international du film océanien (Fifo).

Le Fifo a pour ambition de jeter un coup de projecteur sur la diversité des cultures océaniennes, des traditions et des combats.

Mais à quelques mois seulement du One Planet Summit océanien, qui se tiendra sur le "fenua" ("territoire", en tahitien) en présence du président français Emmanuel Macron, les organisateurs ont eu à cœur de souligner que l'Océanie n'était pas qu'un ensemble d'îlots attaché à ses traditions. Loin des images exotiques, les sociétés océaniennes sont aujourd'hui en proie aux difficultés sociales, aux violences, aux injustices.

La sélection des documentaires retenus en compétition cette année met notamment en avant le combat des femmes. Au travers, par exemple, du sujet toujours tabou des violences faites aux femmes en Océanie dans le documentaire de Florence d'Arthuys, "Bombardées".

Cette année, c'est aussi une femme, Merata Mita, célèbre réalisatrice néo-zélandaise des années 1970 qui a été honorée par le Fifo. Le jury, présidé cette année par le réalisateur Éric Barbier ("Petit pays"), a décerné à son fils, le documentariste Heperi Mita, le Prix spécial pour son film "Merata: How Mom Decolonized The Screen" ("Comment maman a decolonisé l'écran"). L'hommage d'un fils à sa mère, Merata Mita, qui fut l'une des premières à prendre la parole via les documentaires pour défendre les droits des femmes et faire entendre la voix des indigènes.

Une problématique au cœur de l'esprit du Fifo. "Rien sur nous sans nous", explique la réalisatrice Lisa Touami, membre du jury. "C'est très important que la voix autochtone soit entendue."

"Ophir", d'Alexandre Berman et Olivier Pollet

La question de la décolonisation a été très présente toute au long de ce Fifo 2020. Grand Prix du Jury, "Ophir", d'Alexandre Berman et Olivier Pollet, revient sur la guerre oubliée de Bougainville, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et sur les origines de la crise : l'implantation d'une mine de cuivre par un groupe australien et la confiscation des terres aux populations indigènes qui bouleverse aujourd'hui encore la tradition et la culture des habitants de Bougainville et les enferme dans la violence et les armes.

Une colonisation en Océanie dont on mesure les conséquences aujourd'hui dans chaque documentaire présentés en compétition : racisme, oubli des cultures et des langages, déconsidération pour l'environnement.

Faire entendre la voix des indigènes est une nécessité pour construire l'avenir : voilà le message lancé par le Fifo.

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