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Judo: Riner lance son année olympique à Bercy

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Paris (AFP)

Tokyo, il y pense "tous les jours": Teddy Riner, qui briguera un troisième sacre inédit en poids lourds aux JO-2020 dans moins de six mois, lance son année olympique au prestigieux tournoi de Paris dimanche.

Bercy n'a plus vu le double champion olympique en titre et décuple champion du monde (huit fois en +100 kg, deux fois en toutes catégories) sur ses tapis depuis sept ans. Autour de lui, c'est toutes et tous les meilleurs judokas français ou presque (Amandine Buchard est forfait, touchée à un oeil) qui vont combattre dès samedi, notamment la quadruple championne du monde Clarisse Agbegnenou (-63 kg).

"C'est une belle date dans mon calendrier. Il est très bien placé dans ma préparation. Ça va me faire un +shoot+ de pression, qui va me permettre de me préparer à tous les niveaux: judo, un tournoi où il va falloir tenir toute une journée, du monde qui te met la pression parce que tu ne dois pas perdre, être parfait sur le tapis avec les nouveaux règlements...", énumère Riner.

"C'est tout un schéma qui va me faire du bien à six mois des Jeux. C'est important de se mettre une alerte, d'aller voir comment tu es réellement, de quelle couleur sont vraiment les voyants", poursuit-il.

"C'est une répétition, ce sera peut-être le tournoi le plus fort de l'année auquel il participera avant les Jeux", expose son entraîneur à l'Insep Franck Chambily.

- "Tout de suite s'affirmer" -

L'enjeu, c'est de "tout de suite s'affirmer" en ce début d'année 2020, (de dire) maintenant je suis là, je prépare les Jeux olympiques", complète-t-il.

Car on a finalement peu vu Riner (30 ans) combattre depuis son grand retour sur les tatamis l'été dernier après vingt mois sans compétition. Il s'est imposé au Grand Prix de Montréal début juillet, puis trois mois plus tard au Grand Slam de Brasilia, pour porter à 152 combats sa série de victoires consécutives, entamée il y a plus de neuf ans.

Mais la suite de son automne a été perturbée par une côte cassée à l'entraînement après le tournoi brésilien: il a été contrait de renoncer aux tournois d'Abou Dhabi et de Perth (Australie) dans les semaines suivantes et a été privé de judo entre "trois et quatre semaines", précise Chambily.

"Ça l'a ralenti, ce n'était pas très grave, mais il ne faut plus que ça arrive maintenant", souligne-t-il auprès de l'AFP.

Où en est alors Riner? A "60%" de sa forme optimale, selon Chambily, entre "75 et 80%" selon lui.

"Il a fait du judo, du physique, il est en bonne santé, mais il est encore un peu lourd. Il faut qu'il perde du poids, et en termes de repères, il lui manque de la compétition, et un fond d'entraînement dans le judo et le physique", explique l'entraîneur.

"Je suis super content de ma progression dans la préparation, au niveau judo et au niveau physique. Et dans la tête, je me sens plus que bien", lui répond Riner.

- "Brouiller les radars" -

Outre un "état des lieux", selon les mots de Chambily, le tournoi de Paris est une occasion d'engranger 1.000 points au classement mondial pour Riner. Ce capital lui permettrait, lui qui s'est globalement fait très rare en compétition depuis son deuxième sacre olympique à Rio en 2016, de grimper dans la hiérarchie mondiale et de pouvoir prétendre à un tableau potentiellement plus favorable à Tokyo.

Le boss de la catégorie reine envisage deux sorties supplémentaires ensuite: le Grand Prix du Maroc (700 points en jeu), à Rabat début mars (du 6 au 8), et une ultime compétition "pas encore définie en mai-juin". Ni Riner, qui reconnaît la "volonté de brouiller les radars pour être tranquille sur certaines compétitions", ni son entourage n'en disent plus pour l'instant.

Ce qu'il répète, au contraire, c'est son ambition sans faille de devenir le tout premier poids lourd triple champion olympique. Un exploit jusque-là seulement réalisé en poids légers par le Japonais Tadahiro Nomura (1996, 2000 et 2004).

"Chaque chose que je fais, je le fais pour Tokyo, rien d'autre, martèle Riner. Ce qui me fait avancer, c'est cette médaille d'or. Je la veux, clairement. S'il n'y avait pas ça au bout..."

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