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Une ancienne cavalière dénonce des viols par des encadrants "dans l'équitation aussi"

Amélie Quéguiner, le 7 février 2020, au Jumping international de Bordeaux.
Amélie Quéguiner, le 7 février 2020, au Jumping international de Bordeaux. © Mehdi Fedouach, AFP

Une ex-cavalière professionnelle, qui a accusé trois encadrants de viols dans les années 1980 alors qu'elle était adolescente, a interpellé la Fédération française d'équitation. La FFE a annoncé vendredi une "série d'actions".

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La Fédération française d'équitation (FFE) a annoncé, vendredi 7 février, à Bordeaux "une série d'actions" après avoir été interpellée par une ancienne compétitrice affirmant avoir été victime de viols et agressions pendant son adolescence dans les années 1980 par trois encadrants.

Amélie Quéguiner a expliqué dans une lettre au président de la FFE Serge Lecomte, postée sur son compte Facebook, avoir été "la proie et la victime" de trois hommes, "l'enseignant de mon club pendant 10 ans, le CTR (conseiller technique régional) de l'époque à plusieurs reprises lors de formation dans mon club et déplacement en championnat, un autre enseignant lors d'un stage régional".

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La plupart des faits se seraient déroulés dans les Pyrénées-Atlantiques, et hors de ce département pour des stages. Amélie Quéguiner, aujourd'hui quinquagénaire, a expliqué vendredi à l'AFP avoir d'abord été violée à l'âge de 13-14 ans par son entraîneur de club, devenu son beau-père.

"En plus d'être mon coach, il était mon beau-père. J'étais disponible, à sa merci tout le temps, c'était plusieurs fois par semaine. Des actes très furtifs, 5 minutes derrière une porte, toujours avec violence. C'était de la torture. Cela a duré jusqu'à l'âge de 24 ans", a-t-elle raconté.

"Ça existe, je ne suis pas la seule"

Elle a porté plainte il y a deux ans contre cet homme. Le parquet de Pau a confirmé vendredi à l'AFP avoir classé sans suite pour prescription, fin 2019, une plainte déposée par Amélie Quéguiner en 2018.

Elle a indiqué avoir déposé plainte cette semaine contre les deux autres encadrants. La gendarmerie a confirmé un dépôt de plainte, jeudi à Laroche-Chalais (Dordogne), visant deux personnes.

"J'ai regardé une émission consacrée aux victimes dans le patinage. Elles ont parlé de Beyer mais aussi de celui-là, et de celui-là. Alors je me suis dit : mais ça existe, je ne suis pas la seule. La honte ultime de dire qu'on a été violée par plusieurs, je me suis dit : on peut le dire", a-t-elle souligné.

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Aujourd'hui directrice d'un centre équestre en Dordogne, elle espère que ses révélations aideront à "libérer la parole de leurs (les trois encadrants) victimes potentielles".

Après une première réponse écrite de la FFE qui s'affirme "à l'écoute", la directrice technique nationale de la FFE, Sophie Dubourg, a indiqué à la presse, à l'occasion du Jumping International de Bordeaux, qu'une "série d'actions (allaient) suivre".

"Un flot de témoignages"

Dans sa lettre au président de la FFE, Amélie Quéguiner assure avoir reçu "un flot de témoignages" depuis ses premières révélations et sa plainte en 2018. "Il y a dans vos licenciés des dizaines de filles et de garçons, mineurs, agressés sexuellement et violés", lance-t-elle à Serge Lecomte. "La majorité le sont par des enseignants, diplômés ou non, des cadres techniques, des encadrants, des maîtres de stage."

Dans sa missive, où elle répète à plusieurs reprises "dans l'équitation aussi", elle dénonce le fait que son agresseur principal, bien qu'aujourd'hui à la retraite, "continue de prodiguer son savoir lors de stages en centres équestres, et traîne toujours sur les paddocks et les terrains" de saut d'obstacles.

Dans un communiqué sur le site de la FFE, Serge Lecomte, évoquant la lettre d'Amélie Quéguiner, a affirmé jeudi que "sous (sa) présidence, tous les faits dont nous avons été saisis relevant de violence, déviance ou abus sexuels, ont systématiquement, et sans délai, donné lieu à la mise en place de mesures conservatoires", et saisine des services compétents de l'État et de la commission juridique de la FFE.

S'agissant des mis en cause par Amélie Quéguiner, Sophie Dubourg a assuré pour sa part que "ces trois personnes-là n'ont pas de missions fédérales, donc c'est d'abord (du ressort) du ministère des Sports pour le droit d'enseigner, la carte professionnelle et (de) la justice pour le pénal".

Mais "il faut qu'ils soient entendus. Le ministère et la Fédération prendront aussi leurs responsabilités face à ces trois personnes-là", a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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