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"Biens mal acquis" : peine aggravée en appel pour Teodorin Obiang

Teodorin Obiang est accusé de blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption.
Teodorin Obiang est accusé de blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption. Jérôme Leroy, AFP

Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, a été condamné lundi à trois ans de prison avec sursis et à 30 millions d'euros d'amende par la cour d'appel de Paris dans l'affaire dite des "biens mal acquis".

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Trois ans de prison avec sursis, 30 millions d'euros d'amende et des confiscations : la justice française a aggravé lundi 10 février en appel la condamnation du vice-président et fils du président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, jugé coupable de s'être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France.

La cour d'appel de Paris est allée au-delà de la condamnation prononcée en première instance. Le 27 octobre 2017, à l'issue du premier procès dit des "biens mal acquis" devant la justice française, le tribunal correctionnel avait prononcé la même peine d'emprisonnement, mais avait assorti du sursis l'amende de 30 millions d'euros. Les sommes blanchies en France sont estimées à 150 millions d'euros.

Les magistrats ont également confirmé la confiscation de l'ensemble des biens saisis, dont un somptueux hôtel particulier avenue Foch à Paris, qui reste toutefois suspendue à une décision de la Cour internationale de justice (CIJ).

Ancien ministre promu vice-président, le fils du président Teodoro Obiang Nguema ne s'est pas présenté lors de son procès en appel, pas plus qu'au premier procès il y a trois ans.

Ses avocats n'ont eu de cesse de contester la légitimité de la justice française.

Teodorin Obiang, 50 ans, a été déclaré coupable de blanchiment d'abus de biens sociaux, blanchiment de détournement de fonds publics, blanchiment d'abus de confiance. Contrairement au premier procès, il a toutefois été relaxé du délit de blanchiment de corruption.

Les motivations de la cour n'étaient pas disponibles dans l'immédiat.

Un train de vie éloignée du quotidien en Guinée équatoriale

Le parquet général avait requis quatre ans d'emprisonnement avec mandat d'arrêt, 30 millions d'euros d'amende et la confiscation des biens saisis. 

L'enquête, ouverte après les plaintes des associations Sherpa et Transparency International, avait mis au jour l'ampleur du patrimoine dont dispose en France Teodorin Obiang : objets d'art, voitures de luxe, ou cet hôtel particulier de 101 pièces avec hammam et discothèque, décoré de marbre et pourvu de robinets recouverts d'or… Un train de vie très éloigné du quotidien de son petit pays pétrolier du golfe de Guinée où plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Dirigée depuis 1979 par Teodoro Obiang Nguema, qui détient le record de longévité au pouvoir en Afrique, la Guinée équatoriale conteste devant la CIJ les perquisitions dans l'hôtel particulier de l'avenue Foch, présenté par Malabo comme des locaux diplomatiques.

Dans l'attente de l'issue de cette procédure, l'hôtel particulier ne peut être saisi. Une série d'audiences opposant Malabo à Paris est prévue à La Haye la semaine prochaine, du 17 au 21 février.

La France et la Guinée équatoriale entretiennent des relations tendues en raison de cette affaire. Présent au délibéré, l'ambassadeur de Guinée équatoriale en France, Miguel Oyono Ndong Mifumu, s'est refusé à tout "commentaire sur une décision judiciaire".

Avec AFP

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