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Coronavirus : en visite dans un hôpital, le président Xi Jinping veut des mesures "plus fortes"

Le président chinois Xi Jinping est apparu le visage recouvert d'un masque de protection le 10 février pour une visite dans un quartier résidentiel de Pékin.
Le président chinois Xi Jinping est apparu le visage recouvert d'un masque de protection le 10 février pour une visite dans un quartier résidentiel de Pékin. © JU PENG / XINHUA / AFP

Le président chinois, Xi Jinping, est apparu en public, le visage couvert d'un masque de protection, pour appeler à des mesures "plus fortes et décisives" contre le coronavirus de Wuhan. Le bilan de l'épidémie s'est encore alourdi lundi en Chine, dépassant les 900 morts.

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Il n'était que très peu apparu en public depuis le début de l'épidémie de coronavirus 2019-nCoV. Le président Xi Jinping, le visage recouvert d'un masque de protection, s'est rendu lundi 10 février dans un quartier résidentiel de Pékin pour assister aux efforts de lutte contre la contagion et visiter un hôpital. Le visage recouvert d'un masque de protection, il a appelé à des mesures "plus fortes et décisives" contre la maladie alors que le bilan a dépassé les 900 morts en Chine.

Selon le dernier bilan en date, l'épidémie apparue en décembre dans un marché de Wuhan (centre) a contaminé plus de 40 000 personnes.

Dans un long reportage diffusé au journal télévisé, Xi Jinping a évoqué la situation à Wuhan, placée de facto en quarantaine depuis le 23 janvier, ainsi qu'une grande partie de sa province, le Hubei, où se comptent le plus grand nombre de victimes.

"L'épidémie au Hubei et à Wuhan reste très grave", a-t-il reconnu, appelant à prendre "des mesures plus fortes et décisives pour enrayer résolument l'élan de la contagion".

Son gouvernement a déjà pris des mesures radicales en interdisant à quelque 56 millions d'habitants du Hubei de quitter la province.

Une visite de proximité pour désamorcer les critiques

Mais le pouvoir a également été critiqué pour avoir tardé à réagir à l'épidémie et avoir même réprimandé des lanceurs d'alerte pour "propagation de rumeurs". La mort de l'un d'entre eux vendredi, un médecin de 34 ans, a donné lieu à d'inhabituels appels à la liberté d'expression.

Sur les images diffusées par la télévision publique CCTV, Xi Jinping est apparu pour la première fois avec le visage recouvert d'un masque de protection, comme le font désormais l'immense majorité de ses compatriotes. Il s'est laissé prendre la température à l'avant-bras à l'aide d'un thermomètre électronique, un rituel désormais courant dans le pays à l'entrée des lieux publics. On l'a vu ensuite discuter à distance respectable avec des habitants du quartier - masqués eux aussi.

Le nouveau coronavirus a fait 908 morts en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), selon le dernier bilan établi lundi par les autorités, confirmant une certaine stabilité dans la progression de l'épidémie. Au cours des dernières 24 heures, 97 nouveaux décès ont été répertoriés en Chine continentale. Le pays a dénombré plus de 3 000 nouveaux cas de contamination.

Le virus a en outre tué deux personnes dans le monde, une aux Philippines et une autre à Hong Kong.

Regain d'activités mais un métro vide

En Chine même, la sortie du président Xi coïncide avec une timide reprise du travail lundi en dehors des régions sous quarantaine, même si les étudiants restent en vacances et que les entreprises sont incitées à laisser leurs employés travailler à domicile.

À Pékin comme à Shanghai, la circulation automobile connaissait un léger regain d'activité, même si les deux mégapoles restaient très loin de leurs embouteillages habituels.

Le métro de Pékin n'enregistrait que 50 % de sa fréquentation normale pour un jour de semaine, selon les médias publics.

Les salariés qui reprenaient le travail le faisaient parfois la peur au ventre. "Nous sommes inquiets, c'est sûr", déclare à l'AFP un employé d'un salon de beauté désert dans un quartier d'affaires de la capitale.

"Si des clients se présentent, on leur prend la température, on leur propose du désinfectant et on leur demande de se laver les mains", explique-t-il.

Dans les bureaux, la mairie de Shanghai conseille d'éviter les regroupements de personnel en adoptant des horaires décalés, en évitant les repas entre collègues qui doivent conserver entre eux une distance d'au moins un mètre. Les systèmes d'aération par soufflerie doivent rester éteints.

Signe des difficultés économiques provoquées par le virus, Pékin a annoncé lundi un bond de plus de 20 % des prix de l'alimentation en janvier. Une flambée liée aux différents blocages routiers imposés dans l'ensemble du pays dans l'espoir d'endiguer l'épidémie.

À la télévision, Xi Jinping s'est voulu rassurant, affirmant que l'impact du virus serait "de courte durée". Il a appelé à "faire très attention à la question du chômage" et à "éviter des licenciements à grande échelle".

Dans le monde, plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires.

Avec AFP

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