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Créé par deux Français, le géant des données Snowflake vaut 12 milliards

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New York (AFP)

L'entreprise américaine Snowflake, co-fondée par deux Français en Californie, est devenue en à peine huit ans un géant de l'analyse de données valant 12,4 milliards de dollars et jouant sur le même terrain de jeu qu'Amazon, Microsoft ou Google.

C'est en 2012 que Benoît Dageville et Thierry Cruanes, alors tous deux employés chez Oracle, décident de monter leur propre projet pour "créer quelque chose de différent dans le cloud", l'espace dématérialisé où sont stockés des milliards de données, explique à l'AFP M. Dageville.

Les entreprises, souligne-t-il, ne se basent plus tant sur l'intuition pour prendre des décisions, mais de plus en plus sur l'analyse de données internes et externes, de grandes tendances, pour lancer une campagne marketing ou pour gérer leurs stocks.

Mais brasser cette énorme quantité d'informations "consomme beaucoup de ressources", et ce à intervalles irréguliers, souligne ce spécialiste des systèmes informatiques.

"Snowflake est conçu pour allouer les ressources quand il y en a besoin, et les dés-allouer quand il n'y en a plus besoin, ce qui permet de faire des économies", indique-t-il.

La société propose par ailleurs une plateforme unique sur laquelle il est possible de stocker toutes ses données et d'effectuer un nombre illimité de requêtes. De quoi faciliter leur gestion et leur exploitation tout en restant simple d'utilisation.

- Entrée en Bourse -

"Notre vision était de créer un nouveau système avec une architecture très différente", remarque M. Dageville. Cette nouvelle approche a permis à Snowflake de rivaliser rapidement avec les acteurs existants dans l'analyse de données, comme Oracle, Terradata ou Microsoft, ainsi qu'avec les nouveaux géants du stockage des données, Amazon Web Services ou Google, qui offrent leurs propres logiciels de gestion.

En 2013, les deux Français s'associent à Marcin Zukowski, un Américain d'origine polonaise, pour développer leur idée.

Les rênes de l'entreprise ont d'abord été confiées à Mike Speiser, un investisseur de Sutter Hill Ventures, puis de 2014 à 2019 à Bob Muglia, un ancien de Microsoft. Elle est actuellement dirigée par Frank Slootman, qui a auparavant supervisé le développement, puis l'entrée en Bourse, de Data Domain et ServiceNow.

Snowflake, qui a lancé à grande échelle sa plateforme à l'été 2015, ne dévoile pas ses chiffres mais assure avoir déjà plus de 3.400 clients, comme en France Accor, Kiloutou ou Monoprix, et avoir enregistré en 2019 une progression de son chiffre d'affaires de 173%.

Une telle croissance a rapidement retenu l'attention des investisseurs.

Sa dernière levée de fonds, dévoilée lundi et emmenée par la société Dragoneer Investment Group et par le leader mondial de la gestion de la relation client, Salesforce, a permis de récupérer 479 millions de dollars. Snowflake a au passage plus que triplé sa valorisation par rapport à la précédente levée de fonds, fin 2018.

Si l'entreprise se prépare à entrer en Bourse, ce sera "au plus tôt cet été", indique M. Dageville. La société ne génère pas encore d'excédent de trésorerie car elle investit beaucoup pour croître rapidement mais son modèle économique est "totalement profitable", assure-t-il.

Le nom de la société, flocon de neige en français, est un hommage aux sports d'hiver que les co-fondateurs apprécient. C'est aussi un mot facilement reconnaissable par tous, qu'il soit prononcé ou non avec un fort accent français, s'amuse M. Dageville.

Agé de 53 ans, il reconnait être a priori "vieux pour ce genre d'aventures" mais "le mélange de la passion et de l'expertise" a porté ses fruits. Leur but, avec M. Cruanes, "était vraiment de révolutionner ce monde-là au niveau technique, on n'avait pas d'objectif financier."

Tous deux ont été formés en France mais sont de longue date basés aux Etats-Unis. L'idée de monter leur projet à Paris ne leur est pas venue à l'esprit.

"Etre en compétition avec Microsoft, Google, Amazon, Oracle, demande des capitaux et un investissement énormes, et même aux Etats-Unis il n'y pas beaucoup d'autres endroits que la Silicon Valley pour trouver ce genre de financements", justifie M. Dageville.

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