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Electro: Octave Noire, soleil trompeur

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Paris (AFP)

Octave Noire revient vendredi avec un album à l'électro envoûtante, "Monolithe", traversé ici et là d'angoisses sourdes nées du climat social ou du climat tout court.

La pochette du disque, où il apparaît sur un fond vert pastel, "est très lumineuse mais on sent une inquiétude sur ma gueule et puis il y a un soleil mais j'ai un vêtement de pluie à capuche, ça résonne avec les problèmes climatiques actuels", décrypte pour l'AFP Patrick Moriceau.

Dans le titre "Le soleil et les hommes", il chante ainsi "Le soleil déraisonne/C'était si prophétique". "On savait que ça allait merder, soit directement ou indirectement, poursuit-il. L'album s'appelle +Monolithe+, je pensais aux obélisques, qui chez les Egyptiens étaient des rayons de soleil pétrifiés".

Les paroles d'Octave Noire rappellent d'autres artistes dont les tourments intimes trouvent une illustration dans ceux de la planète comme Pomme avec sa chanson "Les Séquoias" où on entend, "Avant les arbres assassinés/Avant que tout soit emporté".

"Oui, c'est quelque chose qu'on voit maintenant, avec des chanteurs, chanteuses, qui font référence dans leurs morceaux ou sur les réseaux sociaux aux dérèglements climatiques, à l'écologie, devenus des questions de société", commente pour l'AFP Clément Meyère, un des programmateurs du We Love Green, festival parisien concerné par l'environnement.

L'environnement social, cette fois, déteint sur la chanson "Monolithe humain", où le rappeur Arm, un des invités sur l'opus, scande "J'ai pris la route des violents sans visage". "Il y a quelque chose qui pointe, comme un écho aux gilets jaunes, aux soubresauts ailleurs dans le monde, on ne sait pas trop ou ça va", décrypte Octave Noire.

Ce compositeur barbu, en revanche, sait désormais où il va après une trajectoire non linéaire. Né en Afrique, en Côte d'Ivoire, où il est resté jusqu’à 10 ans, il choisit option musique au lycée, fait des études de musicologie à la Sorbonne, joue dans divers groupes et jongle d'abord entre différents jobs.

- Sonneries, jingles... -

"Créatif pour des sonneries de téléphone portable, freelance pour des jingles ou des identités sonores de grosses boîtes, musique de pub, professeur de piano, marketing dans la musique, etc". Un de ses morceaux troussé il y a 8 ans s'est même retrouvé récemment dans la série "Miracle Workers" avec Daniel Radcliffe et Steve Buscemi.

Longtemps il s'est cantonné au rôle de "celui au piano à côté du chanteur". Une façon de se cacher? "Oui clairement, acquiesce-t-il. Je n'ai jamais voulu être chanteur, je voulais être producteur, ma voix était traitée comme un instrument, je m'y suis mis par accident". Il se décide à jouer de ses cordes vocales sur "Néon" en 2017, puis se dévoile un peu plus avec "Monolithe", repoussant ses complexes par rapport à ses références. Enfin, pas encore tout à fait: "Higelin, Biolay, quand on les voit tout là-haut, on se dit qu'il y a encore de la route".

"Monolithe" séduit pourtant sur tous les plans. "Il arrive habilement à mélanger chanson et électro, il y a des côtés répétitifs, techno, mais il est touchant, dans la retenue, dans l'esquisse", dépeint pour l'AFP Antoine Dabrowski, directeur d'antenne de Tsugi Radio, webradio du magazine éponyme.

Cette fusion élégance-efficacité a d'ailleurs charmé Dominique A qui illumine l'imparable "J'ai choisi". Comme un écho aux options retenues par Octave Noire. "Entre +Néon+ et celui-là, je voulais changer l'éclairage, résume-t-il, sans prendre conscience du jeu de mot sur le moment. Je voulais un album qui parle plus aux tripes et aux jambes qu'à la tête".

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